Benoît Coeuré invite la France à tenir son déficit structurel

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L'ENGAGEMENT DE PARIS SUR LA RÉDUCTION DE DÉFICIT EN 2013 DOIT ÊTRE TENU, SELON BENOÎT COEURÉ
L'ENGAGEMENT DE PARIS SUR LA RÉDUCTION DE DÉFICIT EN 2013 DOIT ÊTRE TENU, SELON BENOÎT COEURÉ

PARIS (Reuters) - La France doit absolument tenir son engagement de réduction de déficit structurel en 2013, déclare Benoît Coeuré, membre français du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) dans une interview publiée lundi par Les Echos.

"S'il y a un dépassement du déficit en 2013, il ne doit pas être vu comme une sortie de route par rapport à la trajectoire de moyen terme qui a été annoncée", dit-il.

"En 2013, la France doit absolument respecter son engagement de réduction du déficit structurel et le dérapage nominal doit demeurer le plus limité possible", ajoute-t-il.

Le déficit structurel est le solde des finances publiques corrigé de l'impact du cycle économique.

Le gouvernement français a admis qu'il ne pourrait pas atteindre en 2013 la cible de déficits ramenés à 3% du PIB, du fait de l'atonie de l'activité économique. Mais il a assuré que l'objectif d'un retour à l'équilibre en 2017 tenait toujours.

En attendant, il veut convaincre la Commission européenne et ses partenaires européens de reporter à 2014 le retour des déficits publics français à 3,0%.

Mais pour Benoît Coeuré, il doit prendre "très rapidement" des décisions "concrètes et significatives" pour matérialiser des engagements d'économies de dépenses susceptibles de rassurer les partenaires européens de la France.

"Je n'ai aucun doute qu'il a compris l'effort à faire à ce sujet", assure le responsable de la BCE.

LA FRANCE "TRÈS ATTENDUE" EN EUROPE

Il juge le comportement des grands pays de la zone euro "particulièrement important" pour garantir la crédibilité de leur pacte budgétaire.

"C'est pour cette raison que la réponse que le gouvernement français apportera à Bruxelles pour ramener son déficit dans les clous du traité européen sera particulièrement suivie en Europe", ajoute-t-il.

"Mon impression, c'est que les acteurs financiers attendent avant tout des gouvernements de la cohérence, en d'autres termes qu'ils respectent les règles qu'ils se sont eux-mêmes fixées", conclut Benoît Coeuré.

Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a fait valoir sur Europe 1 que la France effectuait sur deux à trois ans un effort d'ajustement budgétaire "que la plupart des autres pays ont réalisé en cinq, six, dix ans".

"C'est un effort qui (...), parce qu'il est concentré, est difficile. Mais nous devons faire cet effort (...) parce que c'est une question de souveraineté nationale", a-t-il ajouté.

Jérôme Cahuzac a également fait valoir que le déficit structurel de la France s'était aggravé entre 2007 et 2012.

"Structurellement, notre pays a continué à s'endetter entre 2007 et 2012", a-t-il expliqué. Mais "en 2012 nous avons diminué le déficit structurel de 1,2% ; cette année, nous diminuerons le déficit structurel de 1,9% ; en deux ans, nous diminuons notre déficit structurel de près de 3,1%, c'est historique."

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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