Benjamin Netanyahu constitue un gouvernement d'unité nationale

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Benjamin Netanyahu constitue un gouvernement d'unité nationale
Benjamin Netanyahu constitue un gouvernement d'unité nationale

JERUSALEM (Reuters) - Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a négocié un accord avec la principale force d'opposition Kadima pour former un gouvernement d'unité nationale, abandonnant ainsi son projet d'élections et obtenant la marge de manoeuvre nécessaire en cas de confrontation avec l'Iran.

L'accord, conclu lors d'une réunion secrète dans la nuit de lundi à mardi, prévoit l'arrivée du parti centriste Kadima dans la coalition gouvernementale dirigée par Benjamin Netanyahu, et ouvre la voix à une majorité de 94 sur 120 députés à la Knesset, l'une des plus larges de l'histoire d'Israël.

"Un gouvernement élargi d'unité nationale est une bonne chose pour la sécurité, l'économie et le peuple d'Israël", a déclaré le Premier ministre, cité dans un communiqué de son bureau.

Le ministre de l'Environnement Gilad Erdan a déclaré que cet accord permettrait de soutenir une potentielle opération militaire contre le programme nucléaire iranien considéré par Israël comme une menace contre son existence.

"Une élection ne permettait pas d'arrêter le programme nucléaire iranien. (Mais) quand la décision est prise d'attaquer ou non, mieux vaut avoir une large coalition politique, qui réunit la population", a-t-il expliqué à Radio Israël.

Shaul Mofaz, qui a remporté en mars la primaire à la tête de Kadima aux dépens de Tzipi Livni, sera nommé vice-Premier ministre au sein du nouveau gouvernement, selon des responsables, qui ont précisé que l'accord serait officiellement ratifié mardi, et présenté devant le parlement.

Mofaz, né en Iran, avait été l'un des premiers responsables politiques israéliens à avoir évoqué publiquement la possibilité d'une attaque contre l'Iran lorsqu'il était vice-Premier ministre du gouvernement dirigé par Kadima en 2008.

Mais il est devenu plus prudent une fois dans l'opposition, soulignant qu'Israël ne devrait pas prendre trop rapidement ses distances avec toutes les puissances qui tentent de faire pression sur l'Iran par la voie des sanctions et des négociations.

Gerald Steinberg, professeur de sciences politiques à l'université de Bar-Ilan, près de Tel Aviv, a déclaré quant à lui que cette coalition envoyait "un signe très fort à Téhéran, mais aussi à l'Europe et aux Etats-Unis, en montrant qu'Israël est uni et que ses dirigeants sont capables de s'attaquer aux menaces si et quand cela est nécessaire".

Israël a régulièrement fait allusion à des frappes contre la République islamique si Téhéran ne revenait pas sur son programme nucléaire.

"PACTE DE LÂCHES"

L'accord conclu entre le chef du gouvernement israélien et Kadima a provoqué la condamnation du Parti travailliste, qui espérait une percée à la Knesset en cas d'élections.

Benjamin Netanyahu souhaitait initialement que le parlement vote son autodissolution afin d'ouvrir la voie à des législatives anticipées le 4 septembre.

Mais alors que les discussions avaient débuté, le parlement annonçait dans la nuit de lundi à mardi que le vote n'aurait pas lieu mardi et précisait que le Likoud de Netanyahu et les dirigeants du parti Kadima "se sont rencontrés en urgence pour discuter de développements politiques majeures, visiblement des discussions en vue d'un gouvernement d'unité nationale".

"C'est un pacte de lâches et il s'agit du zigzag le plus méprisable et grotesque de l'histoire politique d'Israël", a déclaré dans les médias la présidente du Parti travailliste, Shelly Yachimovich.

Bien que dans l'opposition, Kadima est avec 28 élus la première force politique à la Knesset mais les sondages d'intentions de vote lui sont défavorables.

En obtenant son ralliement, Netanyahu renforce la stabilité politique qu'il pensait initialement trouver via une dissolution et des élections anticipées.

Les prochaines élections ne doivent pas avoir lieu avant octobre 2013, mais un projet de loi visant à supprimer les dispositions qui permettent aux juifs ultraorthodoxes d'échapper au service militaire de même que le débat budgétaire à venir menaçaient de déstabiliser l'actuelle coalition.

Benjamin Netanyahu s'était prononcé dimanche en faveur de la tenue d'élections dans quatre mois, sans en préciser la date.

"J'ai l'intention de former la coalition la plus large possible pour apporter de la stabilité et de la capacité de décision à Israël pour faire face aux grands défis qui nous attendent", soulignait lundi le Premier ministre en référence, notamment, à la crise du nucléaire iranien.

Ari Rabinovitch et Allyn Fischer-Ilan; Tangi Salaün, Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Hélène Duvigneau pour le service français

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