Benjamin Netanyahu appelle à fixer une "ligne rouge" à l'Iran

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BENJAMIN NETANYAHU APPELLE À FIXER UNE "LIGNE ROUGE" À L'IRAN
BENJAMIN NETANYAHU APPELLE À FIXER UNE "LIGNE ROUGE" À L'IRAN

par Jeffrey Heller

NATIONS UNIES (Reuters) - Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réclamé jeudi aux Nations unies qu'une "ligne rouge" soit fixée à l'Iran pour l'empêcher de se doter de l'arme nucléaire, affirmant que Téhéran serait au seuil de la bombe atomique dans moins d'un an.

Illustrant son propos, le chef du gouvernement israélien a brandi le dessin d'une bombe prête à exploser sur lequel il a tracé, au feutre, une ligne rouge située juste en-dessous de l'"étape finale".

"Une ligne rouge devrait être tracée juste ici, avant que l'Iran ne finalise la deuxième étape de son enrichissement nucléaire nécessaire à la fabrication d'une bombe, avant que l'Iran n'en soit qu'à quelques mois ou quelques semaines d'avoir amassé suffisamment d'uranium enrichi pour fabriquer une arme nucléaire", a-t-il commenté en tirant un trait rouge à 90%, selon son dessin, du processus de fabrication de la bombe.

Mais en évoquant un délai - Netanyahu a parlé du "printemps ou de l'été prochain" -, il a semblé suggérer que la menace de frappe préventive brandie par Israël ne serait pas mise à exécution avant l'élection présidentielle du 6 novembre aux Etats-Unis.

"Il n'y a qu'une seule manière d'empêcher pacifiquement l'Iran de se doter de bombes atomiques, c'est de fixer une ligne rouge claire au programme d'armes nucléaires iranien", a répété Benjamin Netanyahu, qui s'est publiquement opposé à Barack Obama sur l'urgence d'entreprendre une opération militaire contre les installations nucléaires iraniennes.

"Les lignes rouges ne mènent pas à la guerre. Les lignes rouges empêchent la guerre", a-t-il ajouté.

"Chaque jour, cette date approche, et c'est pourquoi j'évoque aujourd'hui une telle urgence, et c'est pourquoi tout le monde devrait avoir conscience de cette urgence."

La mission iranienne à l'Onu a réagi en l'accusant de proférer des "allégations sans fondement et absurdes" et en prévenant que Téhéran "se réserve le droit de riposter avec toute la force nécessaire à toute attaque".

Le dessin brandi par Netanyahu, a ajouté la délégation iranienne, "est un graphique non fondé et imaginaire utilisé pour justifier une menace contre une membre fondateur des Nations unies".

"Alors que le recours ou la menace d'un recours à la force sous quelque prétexte que ce soit constitue une grave violation des principes de la Charte de l'Onu et du droit international, ainsi que des normes régissant les relations internationales, les représentants du régime israélien menacent quotidiennement des pays de la région, en particulier le mien, d'une attaque militaire", ajoute la mission iranienne dans un communiqué.

"AU PRINTEMPS PROCHAIN, AU PLUS TARD À L'ÉTÉ"

Le discours de Netanyahu à la tribune de l'Onu ressemble aussi à un message en deux temps adressé à la Maison blanche: d'une part, exprimer la volonté de mettre un terme à la guerre des mots avec Washington mais, d'autre part, réaffirmer qu'il n'est pas question d'atténuer son insistance à voir la communauté internationale lancer des avertissements plus forts à Téhéran.

A aucun moment de son allocution Netanyahu n'a explicitement dit que si l'Iran franchissait sa ligne rouge, Israël déclencherait des attaques contre ses installations nucléaires.

Il a indiqué que le programme nucléaire iranien était largement entré dans la deuxième phase - celle d'un enrichissement à 20% de l'uranium - et a prédit que cette phase serait achevée "au printemps prochain, au plus tard à l'été prochain, au rythme actuel d'enrichissement".

Selon un rapport publié en août par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran disposerait de 91,4 kg d'uranium enrichi à 20%.

Certains experts affirment qu'il en faut 200 à 250 kg pour basculer vers la production d'une bombe atomique.

Lors de son propre discours devant l'Assemblée générale de l'Onu, Obama a déclaré mardi que les Etats-Unis feraient "tout ce qu'ils doivent faire" pour empêcher l'Iran de devenir une puissance nucléaire militaire.

Et rendant compte d'un entretien jeudi entre la secrétaire américaine d'Etat Hillary Clinton et Benjamin Netanyahu, un haut responsable du département américain d'Etat a déclaré que les deux dirigeants avaient réaffirmé que "les Etats-Unis et Israël ont en commun le but d'empêcher l'Iran d'acquérir une arme nucléaire".

Mais Obama n'a pas fixé pour sa part d'ultimatum ou de "ligne rouge" claire.

Avec Michelle Nichols et Arshad Mohammed; Marine Pennetier, Baptiste Bouthier et Henri-Pierre André pour le service français

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  • M6830523 le vendredi 28 sept 2012 à 10:13

    faut le soigner le malade.

  • jean-648 le vendredi 28 sept 2012 à 08:12

    Le professeur Netanyahu nous fait un cours de physique et va faire la guerre aux voisins.