Ben Bernanke confirme la position attentiste de la Fed

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BEN BERNANKE CONFIRME LA POSITION ATTENTISTE DE LA FED
BEN BERNANKE CONFIRME LA POSITION ATTENTISTE DE LA FED

par Pedro da Costa et Alister Bull

WASHINGTON (Reuters) - Le plan de soutien à l'économie de la Réserve fédérale contribue à la reprise et la banque centrale attendra de nouvelles preuves d'amélioration de la conjoncture aux Etats-Unis avant de lever le pied, a déclaré mercredi le président de la Fed, Ben Bernanke.

Lors d'une audition devant le Congrès, il n'a donné aucune indication laissant transparaître la volonté de la banque centrale de ralentir le rythme de ses rachats d'actifs, mettant en avant le coût élevé du chômage et le ralentissement de l'inflation en dessous de l'objectif fixé par la Fed.

Ces propos avaient rassuré les investisseurs, qui redoutent le moment quand la Fed commencera à moins activement soutenir l'économie.

En revanche, le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine, celle des 30 avril et 1er mai, a provoqué un retournement à la baisse de Wall Street après la mention que certains responsables étaient prêts à envisager une modification du "QE3" dès le mois de juin.

En réponse à une question d'un parlementaire, Ben Bernanke, président de la Fed, avait dit que cette dernière pourrait décider de réduire ses achats d'actifs lors de l'une de ses "prochaines réunions" si la tendance à la reprise de l'économie se maintenait.

Après avoir gagné 1% et inscrit un nouveau record de 15.542,40 points plus tôt dans la séance, le Dow Jones reculait de 0,41% plus d'une demi-heure avant la clôture de Wall Street.

Pourtant, comme l'avait dit Ben Bernanke plus tôt, les "minutes" de la Fed soulignent que bon nombre de responsables de l'institution ont estimé qu'il fallait davantage de preuves de l'amélioration de l'économie des Etats-Unis avant de modifier l'actuel programme de soutien à l'activité.

BERNANKE SOULIGNE LES AVANTAGES DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE

"La politique monétaire apporte des avantages significatifs", a dit Ben Bernanke, selon un texte préparé en vue de son intervention devant la Commission économique conjointe du Congrès, évoquant la bonne tenue des dépenses de consommation dans l'automobile et l'immobilier ainsi que l'augmentation des revenus des ménages.

"La politique monétaire a également contribué à compenser les pressions déflationnistes et a empêché l'inflation de baisser encore plus rapidement sous l'objectif à plus long terme de 2% (de la Fed)", a-t-il ajouté.

Dans le cadre de la nouvelle phase de sa politique d'assouplissement quantitatif ("quantitative easing" ou QE), la banque centrale américaine consacre pour l'instant 85 milliards de dollars (66 milliards d'euros) par mois à acheter des bons du Trésor et des prêts immobiliers titrisés sur les marchés, afin de faire baisser les taux d'intérêt et de soutenir l'activité économique et l'emploi.

"Je crois que la Fed, même si elle se sent plus confiante sur le fait que l'économie a touché le fond, n'est pas encore suffisamment à l'aise pour mettre fin au QE", a commenté Douglas Borthwick, de Chapdelaine Foreign Exchange.

Toutefois, la baisse récente du taux de chômage aux Etats-Unis - à 7,5% en avril contre 8,1% l'été dernier - a ravivé les craintes de voir la Fed réduire, voire interrompre, ces achats au cours des prochains mois.

DES "RISQUES IMPORTANTS" EN CAS DE RESSERREMENT

"Un resserrement prématuré de la politique monétaire pourrait entraîner une hausse temporaire des taux d'intérêt, mais il comporte aussi des risques importants de ralentissement ou d'interruption de la reprise et de déclenchement d'une nouvelle baisse de l'inflation", a déclaré Ben Bernanke.

Le président de la Fed a également rappelé que la banque centrale était prête à augmenter comme à réduire le rythme de ses achats d'actifs en fonction de la conjoncture, comme elle l'avait annoncé à l'issue de son dernier comité de politique monétaire.

"Lors de sa dernière réunion, le comité avait clairement indiqué qu'il était prêt à augmenter ou à réduire le rythme de ses rachats d'actifs afin de s'assurer que la politique monétaire reste adapté à l'évolution des perspectives du marché de l'emploi et de l'inflation", a-t-il dit.

Ben Bernanke a redit que la Fed poursuivrait ses achats d'actifs jusqu'à ce que le marché du travail se soit amélioré "significativement", ajoutant que, lorsque le temps viendrait de lever le pied, il ne serait pas forcément nécessaire de vendre des actifs et que la Fed pourrait aussi bien laisser les titres qu'elle a en portefeuille arriver à maturité.

Il a ajouté que certains vents contraires avaient commencé à se dissiper, notamment sur le marché immobilier et en Europe.

L'économie américaine a connu une croissance de 2,5% en rythme annualisé au premier trimestre, après une année 2012 très morose. Quant au chômage, il reste, a noté Ben Bernanke, "nettement au-dessus de son niveau normal à plus long terme".

La prochaine réunion du Federal Open Market Committe (FOMC) est prévue les 18 et 19 juin.

Pedro da Costa et Alister Bull, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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  • guerber3 le mercredi 22 mai 2013 à 18:34

    Ce pauvre Bernanke ne peut rien arrêter, il s'est ficelé les mains tout seul...le plus grand destructeur de monnaie de tous les temps s'est fabriqué son propre piège et voudrait faire croire qu'il est maitre du jeu...un vrai farfelu!!!

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