Behring Breivik réclame l'acquittement ou la mort

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Behring Breivik réclame l'acquittement ou la mort
Behring Breivik réclame l'acquittement ou la mort

OSLO (Reuters) - Anders Behring Breivik, l'auteur de l'attentat d'Oslo et du massacre de l'île d'Utoya qui ont fait 77 morts, a réclamé mercredi à ses juges l'acquittement ou la mort.

"Il n'y a que deux issues possibles à cette affaire : l'acquittement ou la peine de mort", a-t-il dit au troisième jour de son procès devant le tribunal d'Oslo.

La peine de mort n'existe pas en Norvège.

Les cinq juges chargés du procès Breivik devront en outre déterminer si l'accusé doit être tenu pénalement responsable des actes commis le 22 juillet dernier. Deux expertises psychiatriques ont abouti à des conclusions contradictoires.

S'il est reconnu coupable et pénalement responsable, Anders Behring Breivik sera passible d'une peine de 21 ans de prison - susceptible d'être prolongée si un risque de récidive est constaté.

Si les juges estiment qu'il n'est pas sain d'esprit, il finira probablement ses jours dans une établissement psychiatrique fermé.

Lors de cette troisième journée d'audience, Breivik s'est plaint d'être ridiculisé par le tribunal et a de nouveau réclamé que ses meurtres soient jugés comme un combat contre l'immigration.

"J'espère que vous allez vous concentrer sur le problème, et non sur ma personne", a déclaré cet homme de 33 ans.

A la question de savoir comment il avait pu se transformer en tueur méthodique après une adolescence de petit voyou dans les quartiers ouest résidentiels d'Oslo, il a expliqué avoir rencontré en 2001 les "Chevaliers templiers", un groupe de militants nationalistes.

Il s'est emporté contre un magistrat qui a qualifié cette rencontre d'imaginaire. "Votre intention est de semer le doute sur l'existence de ce réseau", a-t-il dit après s'être opposé à la façon dont les magistrats formulaient leurs questions.

LOUP SOLITAIRE

Breivik, que les autorités considèrent comme un "loup solitaire" qui s'est autoradicalisé, a ajouté avoir rencontré son premier "nationaliste militant" à Londres en 1999, à l'âge de 20 ans, après une adolescence marquée par des affrontements avec des jeunes musulmans d'Oslo. "J'ai cherché du côté des militants nationalistes européens", a-t-il dit.

Lorsqu'il s'est rendu au Liberia en 2001 pour rencontrer un nationaliste serbe, il a, dit-il, utilisé deux couvertures, se faisant passer à la fois pour un employé de l'Unicef et pour un trafiquant de diamants. Il est ensuite allé à Londres pour rencontrer trois autres nationalistes, dont il a refusé de fournir les noms.

Il a précisé n'avoir guère entretenu de liens avec ces militants depuis 2002, expliquant que la "cellule" qu'il commandait n'était composée que d'une seule personne: lui-même.

Mais lui qui avait affirmé aux enquêteurs qu'il existait en Europe 80 cellules de militants adhérant à son idéologie et prêts à passer à l'acte n'a pas été aussi affirmatif devant ses juges. Il a souligné que ce chiffre était une "estimation" et a hésité sur la façon dont il y était parvenu. "Je ne sais pas", a-t-il dit. "Au tout début, nous étions quinze."

Anders Behring Breivik a plaidé non coupable à l'ouverture de son procès lundi, estimant avoir agi en état de légitime défense contre le "multiculturalisme". Il a qualifié ses victimes de "traîtres", partisans de l'immigration.

Son procès est programmé pour durer dix semaines.

Alistair Scrutton et Victoria Klesty, Hélène Duvigneau et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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