Beaucoup de flou autour de la prime à la casse des chaudières

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Le ministre de l'Énergie, Eric Besson, a annoncé la mise en place début mai d'une prime pour inciter les Français à remplacer leur vieille chaudière au fioul. Les démarches à suivre pour en bénéficier demeurent cependant inconnues.

Après l'annulation de la prochaine hausse des tarifs du gaz, et la mise à contribution des pétroliers pour alléger le poids de l'énergie dans le budgets des Français, le gouvernement a lancé une nouvelle prime à la casse pour les chaudières au fioul. Selon Eric Besson, ministre de l'Energie, l'idée est d'inciter financièrement à troquer les vieux équipements de chauffage contre des appareils plus efficaces et moins gourmands. La facture de fioul domestique a en effet augmenté de 21% en moyenne sur un an.

Mais alors que le ministre prévoyait une mise en place de cette prime pour le début du mois de mai - l'annonce ayant été faite le 20 avril-, très peu d'informations ont été données, notamment sur les modalités à suivre pour en bénéficier. Le ministère de l'Economie précise simplement qu'il s'agit d'une offre financée par les distributeurs de fioul, et que la prime s'élèvera à 100 euros pour le remplacement d'une chaudière de plus de 15 ans par un modèle basse température, et à 250 euros pour l'installation d'une chaudière à condensation. La prime serait versée en déduction des prochaines factures de fioul.

Sur le plan pratique en revanche, rien de précis pour le moment. Pour les démarches, Bercy renvoie aux fournisseurs. Chez Total, adhérant au dispositif, on affirme être en attente de précisions. La compagnie assure qu'elle répondra présente dès que les éléments sur les démarches à suivre seront dévoilés.

Primes contre certificats

Car derrière leur bonne volonté, les fournisseurs d'énergie qui n'ont a priori pas de réel intérêt à aider leurs clients à réduire leur facture s'empressent surtout de répondre à l'obligation qui leur est faite de«promouvoir activement l'efficacité énergétiques» auprès de leurs clients. Une mission récompensée par la remise de certificats d'énergie, dont l'absence est sanctionnée par une amende.

C'est cette même obligation qui a incité le fournisseur de gaz GDF Suez à mettre en place le 1er avril dernier, une prime à la casse destinée aux foyers qui s'engagent à se séparer de leur vielle chaudière au profit d'un modèle au gaz plus économe. «GDF Suez voulait augmenter ses tarifs. Le gouvernement a donné son aval, à condition d'obtenir une contrepartie pour répondre aux consommateurs inquiets quant à leur pouvoir d'achat», explique un professionnel du secteur dans l'hebdomadaire l'Usine Nouvelle. L'offre de GDF Suez est par ailleurs limitée dans le temps. Les ménages qui souhaitent profiter de la prime doivent retourner un coupon téléchargeable sur le site de l'entreprise accompagné du devis du professionnel chargé d'installer les nouveaux équipements avant le 30 juin prochain. Puis une attestation de fin de travaux avant le 30 septembre.

Aucune date butoir n'est pour l'instant évoquée concernant l'opération sur les chaudières au fioul.

De 3000 à 6000 euros d'investissement

Reste que l'investissement n'est pas anodin pour les particuliers. Les appareils concernés par la prime valent de 3000 à 6000 euros. L'incitation financière plafonnée à 250 euros paraît donc bien maigre pour motiver à elle seule la décision d'achat. Même si à moyen terme, rappellent les fournisseurs, les nouveaux équipement permettront de réduire la consommation d'énergie d'environ 30%... et donc la facture. Le ministère de l'Economie estime que deux millions de chaudières au fioul sont concernées par cette prime à la casse. Pour les chaudières à gaz, la mesure ciblait environ 5000 clients. GDF Suez affirme avoir déjà reçu plusieurs milliers de demandes depuis la mise en place de l'opération le 1er avril dernier.

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