"Beau Repaire" : le cadeau de printemps de Jacques Higelin

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"Depuis longtemps, je voulais sortir un album au printemps, avec une chanson qui traduise la félicité du renouveau", explique Jacques Higelin AFP PHOTO / BERTRAND GUAY
"Depuis longtemps, je voulais sortir un album au printemps, avec une chanson qui traduise la félicité du renouveau", explique Jacques Higelin AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

(AFP) - Avec "Beau Repaire", publié le lundi de Pâques, Jacques Higelin livre un album lumineux et plein de grâce, porté par la joie de vivre et le désir de traduire en chanson "la félicité du renouveau du printemps".

"J'ai coutume de dire que pour chaque chanson, je noircis une cinquantaine de pages. C'est particulièrement vrai pour cet album, je devenais autiste, totalement dans ma bulle. L'inspiration était plutôt sombre au début, puis j'ai vu percer le soleil dans mon ciel chargé d'orages... Avec des envies aigües de rêverie et de liberté", explique le chanteur dans le dossier de presse du disque.

En 2010 pour son précédent album "Coup de Foudre", Jacques Higelin s'était attaqué à la crise, avec l'idée d'en découdre.

Cette fois, il a pris sa plus belle plume pour enrober son auditeur dans un cocon de douceur, de rêverie et d'amour.

"C'est la course contre la montre entre les plus faibles et les plus forts/Plus d'accord/Viens, ô ma reine, je t'emmène sur mon île au trésor", chante-t-il sur "Délire d'alarme".

Le musicien, qui aime choisir des lieux inspirés pour créer ses albums, a enregistré celui-ci sous le soleil du midi, dans un "studio et maison d'hôtes de charme" à Saint-Rémy de Provence.

Les cigales se sont invitées sur "Beau Repaire", un disque ponctué d'éclats de rire, d'exultations, de jeux de mots et d'une joie de vivre qui rappelle "Tête en l'air" ou "Tombé du ciel".

"Qui parle aujourd'hui de la joie de vivre ? Tout est morose, le quotidien est de plus en plus violent, et pourtant il en faut si peu pour se dire que la vie est belle : le regard d'une jolie fille, une conversation avec un ami, quelques mots attrapés au vol au comptoir d'un troquet...", dit Jacques Higelin.

Vieux sage

"Depuis longtemps, je voulais sortir un album au printemps, avec une chanson qui traduise la félicité du renouveau", ajoute-t-il, parlant de "Seul", premier extrait du disque et ode à la liberté.

A 72 ans, le père d'Arthur H et Izia, prend souvent des accents de vieux sage, comme dans "Pour une fois" où, entre récitation et chant, il exhorte l'auditeur à ne pas avoir "peur de la vie, ni de son âme, ni de son corps".

Sous la production d'Edith Fambuena, les arrangements délicats laissent respirer le texte.

Des notes de piano, comme sorties de chez Satie, des cuivres et des cordes tombent comme une pluie fine sur les chansons, avec des accents tour à tour bluesy, rock ou bossa.

Les chansons, pleines de vie, donnent l'impression d'avoir surgi d'un éclair d'inspiration... et c'est souvent le cas.

Comme "Délire d'alarme", née lorsque un orage a déclenché une alarme de voiture alors que le chanteur était dans son jardin.

Ou "Rendez-vous en gare d'Angoulême", que Jacques Higelin a écrite après avoir croisé par hasard une amie sur un quai de gare et qu'il a jouée le soir même au public de son concert.

D'autres sont de petits moments de jubilation, à l'image de "Tomorrow Morning", fantaisie en franglais truffée de clins d'oeil aux Beatles.

Amoureux de la vie, Jacques Higelin s'est entouré de femmes: Barbara qu'il chante dans "Etre là, être en vie", la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton, qu'il a invitée sur "La château de sable" et Sandrine Bonnaire qui l'affronte dans une intense dispute d'amoureux sur "Duo d'anges heureux".

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