Béatrice Barbusse : "Il vaut mieux être un gars qui perd qu'une fille qui gagne"

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Béatrice Barbusse : "Il vaut mieux être un gars qui perd qu'une fille qui gagne"
Béatrice Barbusse : "Il vaut mieux être un gars qui perd qu'une fille qui gagne"

Béatrice Barbusse, ancienne joueuse de hand, ex-présidente de l'USI (un des clubs phares de cette discipline), et désormais présidente du Conseil d'administration du CNDS, vient de publier un ouvrage consacré à la vaste question Du sexisme dans le sport. Le moins que l'on puisse dire ou écrire demeure qu'en la matière, le football semble fournir un parfait prototype de ce qu'il ne faut pas faire. Au moment ou une femme arrive – enfin – à la tête de la LFP et que l'UEFA tente timidement de féminiser son staff, comment évalue-t-elle donc la façon dont le petit monde du ballon rond se débrouille avec les affaires de genres.

Certaines joueuses de la sélection nationale de "soccer" des USA menacent leurs instances d'une grève si elles ne sont pas traitées avec équité face à leurs collègues masculins. Cela vous paraît-il la bonne méthode pour lutter contre le sexisme dans le foot ?
Elles ont totalement raison selon moi. Je pense surtout qu'aujourd'hui, elles n'ont pas d'autres choix que d'en arriver à cette extrémité. Je suppose qu'elles essaient également de mettre un coup de pression avant l'échéance de leur négociation avec la Fédération. Toutefois, il importe de rappeler que ce qu'elles vivent représente un cas d'école du sexisme dans le sport. Leur palmarès sportif s'avère supérieur, sans conteste, à celui des garçons, et je mets volontairement cet argument en premier. Ensuite, elles rapportent davantage d'argent à la Fédération américaine que l'équipe masculine. Et au final, elles empochent moins de primes en gagnant tous leurs matchs que les hommes en ratant tous les leurs. En gros, le message affiché reste qu'il vaut mieux être un gars qui perd qu'une fille qui remporte la victoire...

Au niveau des sélections nationales, qui ont, par exemple en France, délégation de services publics, l'exigence d'équité ou d'égalité semble justifiée, mais comment le fonder pour ce qui concerne les championnats professionnels "privés" ?
Nous abordons un tout autre débat, celui de la professionnalisation du sport féminin. Le spectacle sportif n'est plus du sport, c'est du business. Il faut dès lors s'interroger en premier sur les raisons d'un tel retard de l'économie du football féminin professionnel, au regard de la situation qui existe chez les hommes. Et évidemment le constat évident est qu'on part de plus loin. Construire un championnat avec une certaine homogénéisation

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