BdF-Hollande choisit Villeroy de Galhau, un ex-BNP de gauche

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* Une nomination qui prête à la controverse * Des risques de conflits d'intérêts évoqués * Benoît Coeuré (BCE) était également en lice (Actualisé avec commentaires et contexte) par Julien Ponthus et Jean-Baptiste Vey PARIS, 8 septembre (Reuters) - François Hollande a annoncé mardi avoir proposé la nomination au poste de gouverneur de la Banque de France de François Villeroy de Galhau, une décision controversée puisque cet ancien dirigeant de BNP Paribas BNPP.PA , classé à gauche, participera à la supervision du secteur où opère son ancien employeur. Ancien élève de l'ENA et habitué des cabinets ministériels socialistes avant de rejoindre la BNP en 2003, François Villeroy de Galhau a été préféré à Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, dont la candidature était défendue par certains responsables à Bercy. "Le président de l'Assemblée nationale et le président du Sénat sont saisis de ce projet de nomination, afin que la commission intéressée (finances ndlr) de chacune des assemblées se prononce", peut-on lire dans un communiqué de l'Elysée. François Villeroy de Galhau a quitté en avril la banque de la rue d'Antin, où il était directeur général délégué chargé des marchés domestiques (France, Belgique, Luxembourg, Italie) pour rédiger un rapport sur le financement de l'investissement commandé par le Premier ministre Manuel Valls. Cette mission, dont un rapport d'étape a été publié fin août, avait été interprétée comme un moyen d'offrir à François Villeroy de Galhau, un "sas" de transition du privé au public et d'anticiper les critiques sur le choix d'un banquier français en activité pour remplacer Christian Noyer, dont le second mandat s'achève le 31 octobre pour cause de limite d'âge. "Sans mettre en cause les qualités très importantes de Villeroy de Galhau, cela me semble un signal pas très favorable : cela va venir en rajouter sur l'image de la banque qui domine tout", a déclaré à Reuters Régis Dos Santos, président du Syndicat national de la banque et du crédit/CFE-CGC. Une note d'un économiste de BNP Paribas, publiée début septembre sur la possible nomination de François Villeroy de Galhau, avait déjà jeté le trouble en exposant les risques de conflits d'intérêt entre BNP Paribas, et par extension toutes les grandes banques françaises, et la Banque de France. "Dès que nous avons eu connaissance de cette note publiée par les études économiques nous en avons demandé le retrait immédiat", rappelle-t-on à BNP Paribas où l'on se refuse à tout commentaire sur le choix du Président de la République. Alors qu'il était encore à BNP Paribas, François Villeroy de Galhau avait pris la défense de certaines réformes du gouvernement. RISQUE DE CONFLIT D'INTÉRÊTS" Au cours de l'émission "Face aux Chrétiens", début 2015, il avait jugé que le pacte de responsabilité défendu par le président était "une bonne idée" et que la loi Macron sur la libéralisation de l'économie "mérite d'être soutenue". Le profil de François Villeroy de Galhau est très apprécié parmi ses anciens confrères du secteur bancaire français. "Il risque d'y avoir des commentaires pas très amènes mais sur le fond je ne pense pas qu'il puisse y avoir de conflit d'intérêt", estimait avant sa nomination un dirigeant d'une banque concurrente de la BNP qui dit n'avoir "aucun doute" sur l'intégrité de François Villeroy de Galhau. "Cela ne me choque pas", commentait la semaine dernière un analyste financier pour qui le fait que la supervision des grandes banques échoit maintenant à la BCE limite considérablement les problèmes de conflit d'intérêts. "Le superviseur, c'est la BCE", observe ce spécialiste du secteur bancaire. Le nom de François Villeroy de Galhau avait été un temps évoqué pour succéder à François Pérol, le président du directoire de BPCE, si ce dernier était reconnu coupable de prise illégale d'intérêts lors de son jugement le 24 septembre. François Villeroy de Galhau a été conseiller pour l'Europe au cabinet de Pierre Bérégovoy (1990-1993) au ministère de l'Economie et a exercé diverses responsabilités à la direction du Trésor (1993-1996), puis comme conseiller financier à Bruxelles, participant à ce titre à la création de l'euro. Il a également été directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn (1997-1999) puis de Christian Sautter (1999-2000) au ministère de l'Economie et des Finances. (Edité par Jean-Michel Bélot)


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