BCE-Villeroy, Knot prônent une plus grande intégration

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    * Villeroy (BdF) pour un ministre des Finances de la zone 
euro 
    * Knot, son collègue néerlandais, prône une méthode de 
petits pas 
    * La politique monétaire près d'atteindre ses limites 
 
 (Actualisé avec intervention de Knot) 
    par Balazs Koranyi et Angus Berwick 
    MADRID, 25 mai (Reuters) - L'Union européenne (UE) doit 
dégager plus de croissance économique pour apaiser sa population 
et regagner sa confiance mais, dans la mesure où la politique 
monétaire est près d'atteindre ses limites, davantage 
d'intégration s'impose, estiment des banquiers centraux. 
    S'ils ont des opinions divergentes quant à l'avenir de la 
zone euro, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque 
de France, et son homologue néerlandais Klaas Knot s'accordent 
au moins sur l'idée que la zone euro est devenue trop dépendante 
des mesures de relance de la Banque centrale européenne (BCE) et 
doit se réinventer. 
    "Ce que peut la politique monétaire en termes de croissance 
est très limité", a déclaré Klaas Knot lors d'une conférence à 
Madrid. "La relance monétaire atteint ses limites et si elle 
reste en place trop longtemps, elle produit des effets 
secondaires négatifs tels que des déséquilibres financiers et 
une mauvaise allocation des ressources dans l'ensemble de 
l'économie". 
    En amenant les taux en territoire négatif, en rachetant pour 
1.700 milliards d'euros d'actifs et en refinançant le secteur 
bancaire à des conditions très généreuses, la BCE a permis à la 
zone euro de dépasser son potentiel de croissance, réalisant sa 
meilleure performance depuis la crise financière. 
    Mais des performances économiques inégales entre pays de la 
zone euro ont mis à mal l'idée de convergence économique et 
l'existence même du bloc s'en trouve remise en question avec une 
érosion de la confiance publique et une montée des tensions 
sociales.  
     
    LA VOLONTÉ POLITIQUE FAIT DÉFAUT 
    Le gouverneur de la Banque de France estime toutefois que la 
relative stabilité de la zone euro permet la réforme. Selon 
Villeroy de Galhau, qui, comme Klaas Knot siège au conseil des 
gouverneurs de la BCE, il faut de toute urgence créer dans la 
zone euro un organisme de coordination des politiques 
budgétaires et structurelles nationales, dirigé par un puissant 
ministre des Finances disposant de son propre budget.  
    Ce ministre assumerait en définitive la responsabilité d'un 
budget pour l'ensemble de la zone euro et s'appuyerait sur un 
organe du type Trésor, le manque de coordination économique 
entravant la croissance et rendant la zone euro vulnérable face 
aux crises, a ajouté Villeroy de Galhau. 
    "Dans un premier temps, les pays membres seraient libres 
d'adhérer (...) Dans un second temps, ce budget pourrait devenir 
un instrument de stabilisation commun, centralisant un ensemble 
bien défini d'instruments, par exemple un substrat européen pour 
l'assurance chômage", a-t-il dit. 
    "La troisième et dernière étape de l'intégration budgétaire 
serait réalisée uniquement si un accord peut être trouvé à la 
fois sur le financement et sur le degré souhaitable de 
synchronisation des cycles économiques." 
    Cela étant, ses propositions sont relativement communes 
parmi ceux qui souhaitent plus d'intégration mais elles mettent 
mal à l'aise certains Etats membres. François Villeroy de Galhau 
a admis de fait qu'il y avait encore une forte résistance 
politique à l'idée de partager souveraineté et  ressources 
budgétaires, de tels changements impliquant d'amender le Traité 
de l'Union européenne (UE). 
    "On imagine mal un grand bond en avant de l'intégration 
européenne actuellement", a renchéri Klaas Knot, qui prône une 
méthode des petits pas axée dans un premier temps sur des 
critères minimums de croissance et de stabilité. 
    Selon lui, mieux respecter les dispositions budgétaires du 
Pacte de stabilité et de croissance, réaliser l'union bancaire 
et mettre en oeuvre la directive des services permettrait de 
rajouter 1,5 point de croissance. 
    Il recommande également de concevoir un mécanisme de 
restructuration des dettes souveraines de façon à ce que les 
détenteurs d'obligations partagent le risque avant que la 
responsabilité des organismes publics ne soient invoquée.  
    Il veut aussi l'instauration d'une pondération du risque sur 
les dettes souveraines pour désolidariser la dette publique du 
secteur bancaire.  
    On s'attend généralement à ce que la BCE reste accommodante 
jusqu'à la fin de l'été mais beaucoup pensent qu'elle examinera 
cet automne s'il y a lieu de poursuivre son actuel programme 
d'assouplissement quantitatif (QE) ou s'il vaut mieux le dénouer 
à partir de mars.   
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 
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