BCE-Nowotny soutient Draghi, les Allemands résistent

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* Nowotny rallie la position de Draghi sur le QE * Pour Weidmann, imiter les USA ou le Japon serait inefficace * Schäuble exprime lui aussi ses doutes * La BCE devra prendre une décision début 2015 (Actualisé avec Nowotny, informations de presse sur les débats à la BCE) par John O'Donnell et Michael Shields FRANCFORT/VIENNE, 5 décembre (Reuters) - Ewald Nowotny, l'un des membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a apporté vendredi son soutien au président de l'institution, Mario Draghi, dans ses efforts pour tenter de relancer l'économie de la zone euro, tandis que l'Allemagne maintenait son opposition à l'achat de dette souveraine. L'appui du gouverneur de la banque centrale autrichienne, pourrait se révéler déterminant pour la mise en oeuvre de tels achats dans les prochains mois, une politique dite d'assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE) qui se heurte encore à de fortes réticences au sein même de la BCE. Jeudi, Mario Draghi a expliqué que la banque centrale déciderait début 2015 de l'opportunité de nouvelles mesures de soutien au crédit et à l'activité économique, ce qui pourrait inclure des achats de dette publique, une option à laquelle s'oppose entre autres la Bundesbank allemande. Et il a ajouté qu'une telle décision ne nécessitait pas forcément l'unanimité. Lors de la réunion du Conseil des gouverneurs jeudi, Jens Weidmann et sa compatriote Sabine Lautenschläger, qui siège au directoire de l'institution, se sont opposés à une légère modification du vocabulaire employé pour évoquer l'augmentation du bilan de la banque centrale, ont rapporté plusieurs sources. ID:nL6N0TO3BA Ewald Nowotny, qui, selon certaines sources, s'est opposé il y a quelques mois au lancement d'un programme d'achat de titres adossés à des actifs (asset-backed securities, ABS), semble aujourd'hui avoir rallié le camp de Mario Draghi. "La position de la Banque nationale d'Autriche est dans la ligne de ce qu'a déclaré Draghi dans son discours introductif. Le but est une croissance du bilan de la BCE afin de parer à une tendance d'inflation et de croissance en berne", a-t-il dit, lors d'une conférence de presse. WEIDMANN ET SCHÄUBLE AFFICHENT LEURS RÉTICENCES "Quant à savoir comment cela se produira exactement, voilà qui sera décidé l'an prochain. Les prochaines mesures doivent être décidées au premier trimestre de l'an prochain". La BCE s'est fixé pour objectif de ramener son bilan à son niveau de début 2012, ce qui implique une augmentation de 800 à 1.000 milliards d'euros. Sur ce point, le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung a rapporté vendredi que les débats au Conseil mercredi et jeudi avaient porté sur l'opportunité d'augmenter le bilan de l'institution de plus de 1.000 milliards, soit davantage encore qu'évoqué jusqu'à présent en public. Le journal cite une source au sein de l'Eurosystème des banques centrales de la zone euro. De son côté, le président de la Bundesbank a adressé vendredi une mise en garde claire à la Banque centrale européenne (BCE) contre le risque que ferait courir selon lui un tel recours à la planche à billets, estimant qu'une politique d'assouplissement quantitatif ne fonctionnerait pas en Europe. "On ne peut pas se contenter d'appliquer en Europe une formule qui s'est révélée efficace aux Etats-Unis (...) ou au Japon", a-t-il dit, lors d'une conférence organisée par le quotidien Die Zeit à Francfort. "Aux Etats-Unis, il y a un Etat central qui émet des obligations très sûres. Nous n'avons pas d'Etat central ici", a dit Jens Weidmann. Il a également jugé que permettre aux pays membres de se financer à des taux excessivement bas découragerait les réformes structurelles. Juste avant l'intervention de Jens Weidmann, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a déclaré que les politiques monétaires et budgétaires expansionnistes étaient la cause des difficultés économiques et non un moyen de les résoudre. A propos de l'idée selon laquelle le marasme économique nécessitait un virage expansionniste de la politique monétaire et de la politique budgétaire, il a répondu: "Je n'en suis pas convaincu. Je suis d'avis que cette approche n'est pas la solution mais plutôt la cause (des problèmes économiques)." (Marc Angrand et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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  • LeRaleur le vendredi 5 déc 2014 à 14:58

    Le torchon brûle, on va bien se marrer.

  • cavalair le vendredi 5 déc 2014 à 14:45

    Draghi obeit a Goldmann Sachs, il ne peut rien faire

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