BCE-Les taux négatifs n'iront pas jusqu'à l'"absurde"-Coeuré

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 (Actualisé avec nouvelles citations) 
    FRANCFORT, 30 mars (Reuters) - La Banque centrale européenne 
(BCE) ne mènera pas sa politique de taux d'intérêt négatifs à un 
niveau "absurde" et les taux négatifs ne constituent pas le 
principal instrument de sa politique monétaire même si de 
nouvelles baisses ne peuvent pas être exclues, a déclaré Benoît 
Coeuré, membre du directoire de l'institution, dans une 
interview au site Politico publiée mercredi. 
    Même si les taux négatifs sont susceptibles de peser sur les 
marges des banques, celles-ci ont en fait amélioré leur 
rentabilité, a-t-il ajouté en arguant de l'augmentation de la 
demande de crédit et de la diminution des risques pesant sur la 
situation économique.  
    "Elles (les banques) savent que nous ne porterons pas les 
taux à un niveau négatif absurde", a dit Benoît Coeuré. "Mais on 
ne peut pas exclure d'autres initiatives. Cela ne serait pas 
crédible, de toute façon." 
    "Les taux d'intérêt négatifs ne sont pas notre instrument 
principal, ils soutiennent juste notre politique générale", 
a-t-il ajouté. 
    A l'issue de sa dernière réunion, le 10 mars, la BCE a 
annoncé une réduction de ses trois taux d'intérêt, 
l'augmentation de ses achats mensuels sur les marchés 
financiers, qui seront prochainement étendus aux obligations 
d'entreprise les mieux notées, et de nouveaux prêts de 
liquidités à long terme aux banques de la zone euro. 
  
    Cet assouplissement sans précédent de la politique monétaire 
vise à soutenir l'activité économique et le crédit tout en 
faisant remonter l'inflation, actuellement proche de zéro, vers 
l'objectif que s'est fixé la banque centrale, à savoir un taux 
d'un peu moins de 2%.  
    Dans son entretien à Politico, Benoît Coeuré a également 
rejeté les arguments des banques centrales allemande et 
néerlandaise selon lesquels la BCE a désormais pratiquement 
épuisé tout son arsenal. 
    "Nous ne sommes pas à court d'instruments, notre choix est 
assez large. Nous serons en mesure de répondre à des situations 
adverses si nécessaire", a-t-il dit.  
    Pour autant, la banque centrale n'envisage pas de recourir à 
la "monnaie hélicoptère", autrement dit la distribution directe 
d'argent à la population pour soutenir la consommation, car une 
telle mesure relèverait de la politique budgétaire autant que 
monétaire. 
    "Pour être honnête, je ne vois comment cela fonctionnerait 
sans une forme de partage des risques avec les Etats, ce qui 
serait problématique en pratique et sur le plan juridique", a 
expliqué Benoît Coeuré.  
     
    Le texte complet de l'interview (en anglais) : https://www.ecb.europa.eu/press/inter/date/2016/html/sp160330.en.html 
 
 (Balazs Korany, Véronique Tison et Marc Angrand pour le service 
français) 
 
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