BCE et pétrole ont dopé les résultats des groupes européens

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LES GROUPES EUROPÉENS DEVRAIENT DÉVOILER DE MEILLEURS RÉSULTATS QUE LEURS HOMOLOGUES AMÉRICAINS
LES GROUPES EUROPÉENS DEVRAIENT DÉVOILER DE MEILLEURS RÉSULTATS QUE LEURS HOMOLOGUES AMÉRICAINS

par Joseph Sotinel

PARIS (Reuters) - Les analystes sont globalement confiants sur les résultats annuels que doivent publier les grands groupes européens, qui devraient faire nettement mieux que leurs homologues américains en profitant des politiques accommodantes de la Banque centrale européenne (BCE), de la force du dollar par rapport à l'euro et de la baisse des prix des matières premières.

Les sociétés de l'indice européen STOXX Europe 600 devraient enregistrer un record de croissance de 39% de leurs bénéfices au quatrième trimestre, selon des données Thomson Reuters, un rebond marqué après avoir perdu 5% au troisième trimestre.

Le soutien de la BCE et la baisse induite de l'euro expliquent la divergence entre les bénéfices attendus de l'Euro Stoxx 50, composé exclusivement d'entreprises de la zone euro, et le STOXX 600.

"Les marges sont désormais plus larges en Europe qu'aux Etats-Unis, et les avantages d'un dollar plus fort devraient continuer de soutenir les bénéfices des entreprises européennes", analyse Didier Duret, global chief investment officer chez ABN-AMRO Private Banking.

La croissance en zone euro devrait s'établir autour de 0,4% par trimestre en zone euro jusqu'au premier trimestre 2017, selon des économistes interrogés par Reuters.

LES TÉLÉCOMS ET L'AUTOMOBILE POUSSÉS PAR LA CROISSANCE

Cette reprise de l'économie interne a déjà aidé certains secteurs, comme les télécoms, dont les résultats sont attendus en hausse de 95,2%, ou les financières (+439,9%).

"Il y a un momentum macroéconomique qui leur est favorable", a analysé Laurent Denize, Global co-Chief Investment Officer d'Oddo Meriten Asset Management, qui pense également que le secteur automobile devrait sortir gagnant de cette saison de résultats.

En revanche, tous les secteurs ne devraient pas aussi bien s'en sortir. Les groupes pétroliers pourraient voir leurs bénéfices fondre de plus de 30%, selon les données Thomson Reuters, pénalisés par la chute du cours du pétrole.

"Il est évident que les groupes de certains secteurs vont avoir à couper leur dividende", a estimé Richard Dunbar, Deputy Head of Global Strategy d'Aberdeen.

Selon lui, cette saison de résultats permettra aussi de sonder les dirigeants du privé sur leur perception de l'environnement économique dans cette période incertaine.

"Je soupçonne qu'ils auront une vision prudente de l'avenir, mais en même temps, les fusions et acquisitions n'ont jamais été aussi nombreuses", a-t-il rappelé.

Oddo MidCap estime pour sa part que les chiffres d'affaires des Small et des Mid Caps vont croître de 4,5% au quatrième trimestre, moins bien qu'au troisième trimestre (+6,4%) et qu'au premier semestre (+7,8%). La marge opérationnelle devrait, elle, se fixer à 10,2% au deuxième semestre, contre 8,9% au premier et 10,3% au second semestre 2014, poussant Oddo Midcap à parler de résultats attendus "sans enthousiasme particulier".

(Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, Atul Prakash à Londres, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • jmlhomme le lundi 18 jan 2016 à 17:39

    Apprécier les resultats des financières qui se "régalent" sur le compte des clients..... et sur la volatilité des marchés

  • johnmari le lundi 18 jan 2016 à 17:05

    tout va bien madame la Marquise