Bayer convainc Monsanto de se laisser racheter pour $66 mds cash

le , mis à jour à 15:35
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    * Monsanto a accepté une offre à 128 dollars par action 
    * L'accord prévoit une indemnité de $2 mds en cas de rupture 
    * Bayer prévoit de boucler l'opération avant fin 2017 
    * L'accueil des autorités de la concurrence, principale 
inconnue 
 
 (Actualisé avec annonce officielle, précisions, commentaire et 
cours) 
    par Greg Roumeliotis et Ludwig Burger 
    NEW YORK/FRANCFORT, 14 septembre (Reuters) - Le géant 
allemand de la pharmacie et de l'agrochimie Bayer  BAYGn.DE  a 
annoncé mercredi avoir convaincu le spécialiste américain des 
semences Monsanto  MON.N  d'accepter une offre d'achat de 66 
milliards de dollars (58,8 milliards d'euros) après plusieurs 
tentatives infructueuses, mettant ainsi fin à des mois de 
pourparlers et d'hésitations.  
    L'offre d'achat de 128 dollars par action, la troisième 
soumise par Bayer à sa cible, est la plus importante de l'année 
tous secteurs confondus et la plus importante de l'histoire 
payable intégralement en numéraire. 
    En rachetant Monsanto, pionnier des organismes génétiquement 
modifiés (OGM), Bayer peut espérer s'assurer plus d'un quart du 
marché mondial des semences et des pesticides et renforcer sa 
position sur le marché des produits agricoles, actuellement en 
pleine consolidation. 
    Le projet devrait toutefois être étudié avec attention par 
les autorités de la concurrence et certains des actionnaires de 
Bayer l'ont déjà critiqué sévèrement, jugeant que le groupe 
risquait de surpayer Monsanto et de négliger ses activités 
pharmaceutiques.  
    L'accord avec Monsanto prévoit une indemnité de rupture de 
deux milliards de dollars dans le cas où l'opération 
n'obtiendrait pas l'aval de toutes les autorités de la 
concurrence concernées. Bayer prévoit que l'opération sera menée 
à bien d'ici la fin 2017. 
    Dans une note publiée mardi, les analystes financiers de 
Bernstein Research estiment à 50% seulement la probabilité de 
voir le projet franchir l'obstacle de l'examen par les autorités 
antitrust, même s'ils citent une étude auprès d'investisseurs 
chiffrant cette probabilité à 70% en moyenne. 
     
    LE PROJET DEVRAIT AU MIEUX NÉCESSITER DES CESSIONS 
    "Nous pensons que l'opposition à cet accord, avec le 
mécontentement des agriculteurs face à la concentration de leurs 
fournisseurs dans un contexte de faiblesse des revenus agricoles 
et le mécontentement suscité par le fait que Monsanto quitte les 
Etats-Unis, pourrait se traduire par des retards et des 
complications importants", écrivent-ils.  
    Le président du directoire de Bayer, Werner Baumann, a 
déclaré mercredi que les premiers contacts pris avec les 
autorités de régulation étaient encourageants. 
    Certains spécialistes de la concurrence estiment que les 
deux groupes pourraient devoir vendre certaines activités de 
semences de soja, coton et canola. 
    Les annonces du groupe allemand ont confirmé les 
informations obtenues auparavant par Reuters de source proche du 
dossier. 
    L'action du groupe chimique et pharmaceutique gagnait 4,07% 
à 97,10 euros à 13h20 GMT à la Bourse de Francfort, affichant la 
plus forte hausse de l'indice européen Stoxx 600  .STOXX . Le 
titre Monsanto prenait quant à lui 0,35% à 106,10 dollars en 
avant-Bourse à Wall Street. 
    Dans son communiqué, Bayer précise que son offre représente 
une prime de 44% par rapport au cours de Monsanto le 9 mai, 
avant la présentation de sa toute première proposition formelle 
de rachat. 
    Il prévoit de financer l'opération via des emprunts 
bancaires de 57 milliards de dollars complétés par l'émission 
d'environ 19 milliards de dollars d'obligations convertibles et 
d'actions nouvelles.  
     
    LE PLUS GROS RACHAT JAMAIS CONCLU PAR UN GROUPE ALLEMAND 
    Le rachat de Monsanto doit permettre à Bayer de renforcer sa 
division de produits agrochimiques, qui en font le numéro deux 
mondial du secteur derrière le suisse Syngenta  SYNN.S , en 
mettant la main sur le portefeuille de semences de l'américain.  
    Son objectif à terme est d'offrir aux agriculteurs un 
fournisseur unique de semences, de produits agrochimiques 
(engrais et pesticides principalement) et de services d'aide à 
la culture intégrant de hautes technologies.  
    Cette vision avait déjà motivé l'an dernier la tentative de 
rachat de Syngenta par Monsanto, que le suisse avait fait 
capoter quelques mois avant d'accepter d'être racheté par le 
chinois ChemChina. 
    Parallèlement, deux poids lourds américains Dow Chemical 
 DOW.N  et DuPont  DD.N  prévoient de fusionner avant de scinder 
dans un second temps leurs activités de semences et 
d'agrochimie. 
    Le projet Bayer-Monsanto, s'il aboutit, sera la plus 
importante acquisition jamais conclue par une entreprise 
allemande, un record détenu jusqu'à présent par Daimler 
 DAIGn.DE  avec le rachat de Chrysler en 1998, qui valorisait le 
constructeur automobile américain à 40 milliards de dollars.  
    L'opération serait aussi la plus importante acquisition 
jamais conclue en numéraire, devant celle d'Anheuser-Busch par 
InBev pour 60,4 milliards de dollars en 2008. 
    Bayer prévoit qu'elle se traduira par une amélioration de 
son bénéfice courant par action dès la première année suivant 
son bouclage et par une hausse à deux chiffres sur le troisième 
exercice post-fusion. 
    Les deux groupes ont entamé des discussions en mars sur la 
possibilité d'un rapprochement, ce qui a conduit Bayer à 
présenter en mai une offre initiale à 122 dollars par action, 
rejetée par l'américain, qui la jugeait trop basse.  
    Monsanto a ensuite rejeté en juillet une nouvelle approche 
de Bayer sur la base d'un prix de 125 dollars par action. 
  
 
 (Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français, 
édité par Véronique Tison) 
 

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