Bataille rangée pour la succession de Cameron

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    par William Schomberg 
    LONDRES, 30 juin (Reuters) - La bataille pour la succession 
de David Cameron à la tête du Parti conservateur débute 
officiellement ce jeudi, date limite du dépôt des candidatures. 
    L'ancien maire de Londres Boris Johnson, chef de file du 
camp favorable au Brexit, et la ministre de l'Intérieur Theresa 
May font pour le moment figure de favoris aux yeux des 
bookmakers pour remplacer le Premier ministre britannique, qui a 
annoncé qu'il démissionnerait en septembre. 
    Un seul candidat s'est pour l'instant déclaré, le ministre 
du Travail Stephen Crabb, mais l'ancien ministre de la Défense 
Liam Fox devrait se dévoiler. 
    Un sondage effectué par l'institut YouGov pour le quotidien 
The Times montre que Theresa May est le premier choix des 
adhérents conservateurs, avec 36% de soutiens, contre 27% pour 
Boris Johnson, suivis de la ministre du Département de l'Énergie 
Andrea Leadsom et de Stephen Crabb, à égalité (7%). 
    Sur l'ensemble des candidats en lice, deux seulement seront 
retenus par les députés tories et soumis au vote des membres du 
Parti conservateur. 
    Dans le cas de figure où elle serait opposée à Johnson, May 
serait soutenue par 55% des membres du Parti conservateur contre 
38% pour ce dernier, précise le sondage YouGov. 
    Dans une tribune publiée jeudi en une du Times, elle 
critique à mots à peine couverts son probable rival, et promet: 
"Je réunifierai la Grande-Bretagne".  
    La ministre se décrit comme le porte-drapeau des 
Britanniques ordinaires, et affirme qu'elle est plus à même de 
comprendre leurs vies que son concurrent, élève de la 
prestigieuse école d'Eton et issu de la haute bourgeoisie. 
    "Honnêtement, à Westminster, tous ne comprennent pas ce que 
c'est que de vivre comme ça. Et certains ont besoin d'entendre 
que ce que fait le gouvernement n'est pas un jeu", écrit-elle. 
    Theresa May a prôné le maintien du Royaume-Uni dans l'Union 
européenne mais a été moins présente dans la campagne que David 
Cameron et son ministre des Finances, George Osborne, dont les 
espoirs de prendre la tête du Parti Tory ont volé en éclats 
après la victoire du Brexit. 
    Dès lundi soir, le Chancelier de l'Echiquier s'est retiré de 
la course. "Je ne suis pas la personne capable d'apporter 
l'unité dont mon parti a besoin en ce moment", a-t-il écrit dans 
une tribune publiée par le Times.   
    Côté travailliste, la députée Angela Eagle annoncera jeudi 
qu'elle compte briguer la direction du Labour, dont l'actuel 
chef Jeremy Corbyn est fortement contesté depuis le référendum, 
certains lui reprochant de ne pas avoir fait suffisamment 
campagne en faveur du "maintien". 
    Celui-ci a exclu de démissionner, soulignant qu'il a été élu 
l'an dernier par la base du parti d'opposition.   
 
 (Jean-Stéphane Brosse et Julie Carriat pour le service 
français, édité par Henri-Pierre André) 
 
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