Bataille pour SFR : la Bourse s'affole

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Les marchés ont accueilli favorablement le pacte entre Bouygues et Free.
Les marchés ont accueilli favorablement le pacte entre Bouygues et Free.

 

En dévoilant son « deal » avec Free pour la cession de son réseau, Bouygues a pris une option décisive pour emporter le contrôle de SFR. Sur les marchés, les actions Bouygues et Free s'envolaient lundi tandis que l'action Numéricable dévissait.

Lundi, Bouygues Télécom semblait le mieux placé pour prendre le contrôle de l'opérateur SFR mis en vente par Vivendi. Durant le week-end, la filiale de téléphonie mobile du groupe Bouygues a frappé un grand coup en annonçant un accord avec Free en vue de céder à ce dernier les 15.000 antennes de son réseau mobile (en cas de succès de l'offre) et ainsi contenter les autorités de la concurrence. En effet, le gendarme des télécoms pourrait voir d'un mauvais ½il la création d'un mastodonte Bouygues-SFR et le passage de quatre à trois opérateurs mobiles en France. Les investisseurs semblaient croire à ce scénario et l'action Bouygues clôturait en forte hausse de 8,7%à 32,7 euros. Un accord à 1,8 milliard d'euros qui permettrait également à Free de posséder enfin son propre réseau et de ne plus dépendre de celui d'Orange. L'action Iliad (la maison-mère de Free) s'envolait lundi de 11,1% à 210 euros.

En revanche, Numéricable faisait les frais de l'accord Bouygues-Free et hypothéquait ses chances de parvenir à mettre la main sur SFR et de devenir un grand acteur du mobile à part entière. Lundi, l'action du câblo-opérateur chutait lourdement de 12,4% à 24,9 euros. Une offre qui avait pourtant à l'origine les faveurs de Vivendi pour la complémentarité de ses activités avec celles de SFR. La constitution d'un ensemble Numéricable-SFR n'aurait pas modifié les grands équilibres et maintenu la présence de quatre acteurs sur le marché. Mais Martin Bouygues a laissé Numéricable partir le premier pour mieux négocier la suite.

Quant à l'action Orange, elle s'adjugeait 4,3% à 10,7 euros, bien que l'opérateur historique (leader du secteur avec 27 millions d'abonnés contre 21 millions pour SFR, 11 pour Bouygues et 8 pour Free) soit cantonné dans ce feuilleton décisif à un rôle de spectateur. Stéphane Richard, le PDG d'Orange, a tout de même fait savoir qu'il restait « vigilant » dans cette période de recomposition du secteur.

Le passage de quatre à trois opérateurs devrait en tout cas mettre fin à la guerre des prix et conforter les marges des opérateurs, ce qui est plutôt apprécié par les investisseurs. Rappelons que l'offre de Bouygues valorise SFR 14,5 milliards d'euros (contre 15 milliards pour Numéricable) mais propose 40% du nouvel ensemble à Vivendi alors que Numéricable est prêt à céder 32% du capital de la nouvelle entité à l'actuel propriétaire de SFR. Le prochain Conseil de surveillance de Vivendi prévu en fin de semaine sera décisif.

J.G

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  • exploser le lundi 10 mar 2014 à 23:11

    Je ne pense pas que le choix de Bouygues soit une bonne chose pour la concurrence et pour le consommateur français. Free n'ayant que douze pour cent du marché, on se retrouverait avec un quasi duopole ! Même pour Free, très à l'aise dans un environnement très concurrentiel, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose.