Bataille judiciaire autour du bourdon d'Orléans

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ORLEANS (Reuters) - Emoi, colère et bataille judiciaire entourent à Orléans la refonte de la cloche Jeanne d'Arc, pièce maîtresse du carillon de la cathédrale.

Programmée de longue date pour la commémoration du 600e anniversaire de Jeanne d'Arc, l'héroïne locale canonisée en 1920, la refonte aurait pu être confiée à la fonderie Bollée, mère de cette cloche de six tonnes, mais a été confiée à Paccard, un fondeur de Haute-Savoie jugé moins onéreux.

"Cette cloche a été fondue par mon grand-père en 1898", a dit à Reuters Dominique Bollée, héritier d'une lignée de huit générations de fondeurs basés dans le Loiret.

"Nous possédons le savoir-faire, les motifs, tout le tracé de cette cloche qui doit être refaite à l'identique, comme le précise l'appel d'offres. Je ne comprends pas que l'on ait choisi un autre fondeur au prétexte que nous étions légèrement plus cher", a-t-il ajouté.

La fonderie Bollée a porté l'affaire devant le tribunal administratif pour contester l'attribution du marché.

L'entreprise affirme que son concurrent a envoyé un courrier pour le dénigrer à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), dit son directeur commercial Alexandre Gougeon.

"Nous avons des raisons de penser que (le courrier) a été pris en compte par le jury au point de nous disqualifier", a-t-il expliqué.

Claude Girault, le recteur de la cathédrale, avait prévu un cérémonial pour accompagner la cloche vers sa dernière demeure. L'ecclésiastique ne cache pas sa déception.

"Je dois rester indépendant par rapport aux choix de l'État mais la manière dont on a procédé ne me plaît pas. Le bourdon a été enlevé au petit matin, direction la Haute-Savoie, sans qu'on ne prévienne qui que ce soit. Pour nous qui voulions que son départ constitue un événement, c'est une déconvenue", a-t-il dit.

De son côté, la Drac assure que les règles d'attribution ont été scrupuleusement respectées. La fonderie Paccart, lauréat inattendu de ce marché de 80.000 euros, souhaite que le climat s'apaise.

"Nous ne pouvions pas fanfaronner et communiquer localement sur cette affaire. Il valait mieux jouer la carte de la discrétion compte tenu de l'aspect affectif qui entoure ce dossier", a dit à Reuters Philippe Paccard, directeur de la fonderie de Haute-Savoie.

Le nouveau bourdon de la cathédrale doit revenir à Orléans au plus tard le 21 avril prochain, afin d'être baptisé par les autorités religieuses.

Mourad Guichard, édité par Yves Clarisse

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  • marconge le lundi 16 jan 2012 à 14:44

    Cloche-Merle, non, la cloche de la discorde, bande de cloches...