Basket: Nicolas Batum, nouvelle étoile de l'Euroleague

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par Romain Brunet

PARIS (Reuters) - Au terme de la phase aller du premier tour de l'Euroleague, Nicolas Batum s'est clairement imposé comme le leader du SLUC Nancy et comme l'un des meilleurs joueurs d'Europe.

Revenu en France en raison du lock-out qui paralyse la NBA depuis le 1er juillet, Nicolas Batum a choisi Nancy, début août, plutôt que son club formateur du Mans, car le champion de France en titre dispute l'Euroleague.

"Je vais pouvoir juger de ma progression", disait-il pendant l'été.

Avec 18,2 points, 7 rebonds, 5,6 passes décisives et 1,8 interception en 38 minutes en moyenne par match, les progrès sont flagrants.

Le Nicolas Batum de la saison 2011-12 est bien différent du jeune joueur de 20 ans vu au Mans en 2007-08.

"J'ai progressé un peu partout. J'ai gagné en stabilité, en maturité, en constance. J'ai moins peur et j'attaque plus, je suis plus agressif", explique l'ailier français.

"Au Mans, je faisais un bon match en Euroleague une fois sur quatre. Aujourd'hui, je réponds toujours présent."

Meilleur marqueur, rebondeur, passeur et intercepteur de son équipe, Nicolas Batum est la pièce centrale du dispositif de l'entraîneur nancéien Jean-Luc Monschau.

Pas étonnant, dans un tel contexte, qu'il ait été désigné deux fois meilleur joueur (MVP) de la semaine lors des deux victoires du SLUC Nancy en Euroleague, le 27 octobre face à Bilbao (87-73) et le 10 novembre face à Vitoria (90-85).

Au classement général de la meilleure évaluation (ranking), Nicolas Batum est deuxième, juste derrière l'ailier russe Andreï Kirilenko (CSKA Moscou), un autre transfuge de la NBA, mais devant Bo McCalebb (Sienne), Vassilis Spanoulis (Olympiakos), Erazem Lorbek (FC Barcelone), Dimitris Diamantidis (Panathinaikos) ou encore Juan-Carlos Navarro (FC Barcelone), les stars habituelles de la compétition.

DÉCISIF

"Il a beaucoup progressé par rapport à sa dernière saison d'Euroleague, il a aujourd'hui un volume de jeu impressionnant", juge Vincent Collet, son entraîneur à l'époque du Mans et en équipe de France.

"Cela se voit en particulier dans sa dureté mais aussi, et c'est la marque des grands joueurs, dans sa faculté à élever son niveau de jeu en fin de match."

Lors des deux succès de son équipe face à Bilbao et Vitoria, c'est en effet Batum qui a fait la décision dans les dernières minutes.

Une responsabilité nouvelle pour lui qui, jusqu'ici, n'a jamais été la première option offensive, que ce soit au Mans, chez les Portland TrailBlazers en NBA ou avec l'équipe de France.

"Je joue dans un nouveau rôle, dit-il. J'ai des responsabilités que je n'avais jamais eues et du coup, je progresse plus en ce moment que si j'étais en NBA", dit-il.

L'ailier du SLUC Nancy estime avoir passé un cap sur le 'post-up' et sur le 'pick and roll', deux situations de jeu dans lesquelles il n'avait jamais été très à l'aise.

Son nouvel entraîneur confirme le changement de statut.

"Il fait des choses différentes avec nous. Il n'attend pas que le jeu vienne à lui, mais est tout de suite agressif", explique Jean-Luc Monschau.

TROP DE BALLES PERDUES

Seule ombre au tableau: les 4,6 balles perdues en moyenne par l'ancien Manceau qui est le joueur perdant le plus de ballons en Euroleague.

"Je suis dans un rôle de créateur, ce qui est nouveau pour moi, et je dois prendre des risques", se défend Nicolas Batum.

"Il a aussi fallu que j'apprenne à jouer avec mes nouveaux coéquipiers. J'ai mis quelques matches pour m'adapter, mais ça va mieux depuis quelque temps."

"Certaines pertes de balle sont dues à son inexpérience dans ce nouveau rôle de créateur qu'on lui demande d'assumer, mais d'autres sont parfois provoquées par une certaine nonchalance", regrette Jean-Luc Monschau.

"Si nous sommes prêts à accepter les premières, les autres, il peut les éviter."

Avec deux victoires pour trois défaites après cinq journées d'Euroleague, Nancy est en course pour la qualification au Top 16, le deuxième tour de la compétition.

Aucun club français n'y est parvenu depuis Pau-Orthez en 2007 et Nicolas Batum fait de cet objectif 'un challenge personnel'.

Dans cette optique, l'annonce par le syndicat des joueurs NBA, lundi dernier, que le conflit qui les oppose aux propriétaires des franchises allait maintenant se jouer devant les tribunaux est une bonne nouvelle pour le SLUC.

"Je me réjouis de l'avoir avec nous sans trop penser au moment où il devra repartir", avoue Jean-Luc Monschau.

Edité par Julien Prétot

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