Basket: les espoirs et les doutes de Kevin Séraphin

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Basket: les espoirs et les doutes de Kevin Séraphin
Basket: les espoirs et les doutes de Kevin Séraphin

par Romain Brunet

PARIS (Reuters) - Le jeune pivot français Kevin Séraphin dit, dans une interview accordée par téléphone à Reuters, son espoir de participer aux Jeux olympiques mais aussi les doutes qu'il a dû surmonter avant de trouver sa place dans l'équipe de NBA des Washington Wizards

Lancé sur une jolie fin de saison, Kevin Séraphin a une nouvelle fois réalisé une belle performance, lundi, en cumulant 12 points et huit rebonds en 27 minutes de jeu dans une victoire sur les Charlotte Bobcats. C'est la quatorzième fois de suite qu'il marque 10 points ou plus.

En avril, le joueur de 22 ans et 2,05 m né à Cayenne et formé à Cholet tourne même à 15,8 points et 7,4 rebonds par match en 13 rencontres, avec une moyenne de 33,9 minutes de jeu.

Il a fortement contribué à la fin de saison honorable des Wizards (18 victoires pour 46 défaites) qui, même s'ils ne disputeront pas les playoffs à partir du 28 avril, restent sur quatre victoires consécutives.

"Je me surprends de jour en jour. C'est dommage que ce soit la fin de la saison, j'aurais bien aimé que ça continue", regrette Kevin Séraphin, qui savoure d'autant plus ce dernier mois de compétition qu'il a longtemps connu le banc en début de saison.

En janvier, sous les ordres de l'entraîneur Flip Saunders et alors que les Wizards ne gagnaient presqu'aucun match, il ne jouait que 12 minutes en moyenne par rencontre, passant même cinq rencontres sur le banc.

"Je me suis demandé à ce moment-là ce qu'il se passait. Je doutais, je n'étais pas en confiance", se souvient-il. "Je venais pourtant de faire un bon championnat d'Europe avec l'équipe de France et un bon début de saison en Espagne mais quand je suis arrivé ici j'ai eu l'impression que ça n'avait pas compté."

Après avoir été la bonne surprise française du championnat d'Europe en Lituanie, Kevin Séraphin a en effet goûté avec succès, durant le "lock-out" de la NBA, au championnat espagnol et à l'Euroleague avec le club de Vitoria.

Ses bonnes prestations sur le continent européen n'ont cependant pas été tout de suite récompensées à son retour aux États-Unis où il avait été drafté en 2010 par les Chicago Bulls et immédiatement transféré à Washington.

"LE COUTEAU ENTRE LES DENTS"

Ce n'est finalement que grâce au remplacement de Flip Saunders par Randy Wittman, le 24 janvier, et au transfert du pivot JaVale McGee vers les Denver Nuggets, le 15 mars, qu'il a obtenu réellement sa chance.

"Saunders me disait de rester prêt mais c'est tout. Je pense qu'il voit aujourd'hui qu'il s'est trompé", affirme le pivot des Bleus. "Avec Wittman, c'est complètement différent. Il y a énormément de dialogue, il est tout le temps sur mon dos. Ça prouve qu'il veut que je progresse."

Et les progrès sont évidents. Tir à mi-distance, jeu dos au panier, hook-shot main droite ou main gauche, Kevin Séraphin possède presque toute la panoplie du parfait pivot.

"J'ai toujours eu de bonnes mains mais il fallait travailler. Je suis maintenant très à l'aise sur ma main gauche", explique-t-il.

Même constat pour Vincent Collet, l'entraîneur de l'équipe de France.

"Ce sont des performances qui interpellent par rapport à ce qu'il avait pu faire l'an passé ou en début de saison. Il a étoffé son jeu et, surtout, il a pris de l'assurance et a su stabiliser des choses qu'il faisait déjà, comme son petit hook ou son spin move", dit-il.

"Il avait déjà la vitesse et l'explosivité mais on sent qu'il a acquis une vraie confiance, même s'il doit encore travailler la lecture du jeu."

A trois mois des Jeux olympiques de Londres, ces prestations "de très haut niveau", selon le sélectionneur des Bleus, interviennent au meilleur moment pour Kevin Séraphin, qui fait partie des nombreux candidats au poste de pivot.

Derrière Joakim Noah (Chicago Bulls), dont la place est en principe assurée, ils seront au moins quatre à se disputer les deux autres tickets : Kevin Séraphin, Ronny Turiaf (Miami Heat), Ian Mahinmi (Dallas Mavericks) et Ali Traoré (Lokomotiv Kuban).

"C'est un de mes rêves de faire les JO", reconnaît Kevin Séraphin. "L'année dernière, je n'étais pas censé faire partie de l'équipe et j'ai pris une place. Cette année, j'ai encore plus envie d'en faire partie. J'arriverai au stage le couteau entre les dents."

Edité par Jean-Paul Couret

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