Basket: le "rêve américain" de Benjamin Chevillon

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par Romain Brunet

CHICAGO, Illinois (Reuters) - Benjamin Chevillon a du mal à y croire : arrivé en septembre aux Etats-Unis, le basketteur français participera à partir du 14 février à Houston au All Star Game de la NWBA, la NBA version fauteuil roulant.

"C'est génial, c'est magique", dit-il à Reuters. "Même dans mes rêves les plus fous, je ne l'imaginais pas. C'est un grand honneur et ça fait extrêmement plaisir de faire partie du gratin du basket pendant quatre jours."

Le match de gala de la NWBA, une ligue affiliée à la NBA, se déroulera le même week-end que celui du championnat nord-américain de basket (14-17 février).

Benjamin Chevillon, 24 ans, aura ainsi l'occasion de rencontrer les Français Tony Parker et Joakim Noah mais aussi de côtoyer de près les stars qu'il regardait à la télévision il y a encore six mois.

Il vivait alors en France, où il s'occupait au quotidien de son entreprise. Co-gérant d'un complexe de futsal, à Arras (Pas-de-Calais), il décide l'été dernier de faire une parenthèse, le temps d'une année, pour tender de vivre son "rêve américain".

"J'ai discuté sur Internet, début 2012, avec le coach des Wheelchair Bulls qui m'a proposé de venir faire un essai. Je suis venu en mars et ça s'est bien passé. Six mois plus tard je débarquais à Chicago", raconte-t-il.

Benjamin Chevillon n'en est pas à son premier défi. Victime à cinq ans d'un surdosage de son traitement par chimiothérapie d'une leucémie, il se retrouve paraplégique incomplet et en fauteuil roulant.

Le handicap fait basculer sa vie. Il le vit très mal jusqu'à ses 14 ans, lorsqu'il découvre le basket dans sa ville de Dijon.

"Ça m'a beaucoup aidé car je me suis rendu compte que je n'étais pas le seul handicapé sur terre et qu'il y avait des situations bien pires que la mienne", se souvient-il. "Je me suis dit que si eux arrivaient à faire du sport, je pouvais le faire aussi. Ça a été une source de motivation."

"UN COEUR ÉNORME"

Benjamin Chevillon attrape rapidement le virus du basket. De dribbles en paniers, son fauteuil roulant le mène jusqu'en équipe de France Espoirs, avec laquelle il participe en 2009 aux championnats du monde.

"J'aurais pu continuer de jouer à haut niveau mais j'ai préféré aller à la fac à Lille et devenir chef d'entreprise", explique-t-il sans regret.

"J'ai toujours été quelqu'un qui aime les challenges. Le futsal, c'était une reprise d'entreprise. Partir pour Lille, changer de vie, changer de club, c'était aussi un challenge. Et maintenant, c'est pareil avec Chicago."

Même si ses premiers matches en NWBA sont compliqués, Benjamin relève le défi. Il doit se faire au style de jeu américain, plus rapide et plus physique qu'en Europe. Mais petit à petit, cet ancien joueur de la JDA Dijon gagne du temps de jeu et son rôle au sein des Wheelchair Bulls prend de l'ampleur.

"Benjamin joue avec un coeur énorme, avec beaucoup de passion et il a énormément progressé depuis son arrivée", explique son entraîneur, Daniel Ferreira.

"C'est l'une des raisons pour lesquelles nous l'avons sélectionné pour le All Star Game. L'autre raison, c'est qu'il ne reste qu'une saison parmi nous et que nous voulions qu'il reparte en France avec un bon souvenir. Il n'est pas venu ici pour gagner de l'argent mais pour vivre une expérience humaine."

"Lorsqu'il rentrera en France, il ne se souviendra pas de nos résultats mais j'espère qu'il gardera en mémoire les bons moments passés ensemble et les choses que nous avons faites."

Edité par Olivier Guillemain

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