Basket - Bleus : Batum fait son autocritique

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Basket - Bleus : Batum fait son autocritique
Basket - Bleus : Batum fait son autocritique

Après des Jeux Olympiques difficiles pour l’équipe de France et alors que les Bleus se lancent dans une nouvelle ère sans Tony Parker, Nicolas Batum s’est confié sans langue de bois au quotidien L’Equipe sur un été difficile.

L’équipe de France masculine de basketball a traversé quasiment comme une ombre le tournoi olympique à Rio, éliminée dès les quarts de finale par l’Espagne au terme d’un match à sens unique. A froid, Nicolas Batum est revenu sur cette épreuve dans les colonnes du quotidien L’Equipe, ne cherchant pas d’excuses ni s’exonérant de toute responsabilité. Le joueur de Charlotte est d’abord revenu sur le rôle qui est le sien en équipe de France, assurant que c’était compliqué pour lui de jouer en même temps de Nando De Colo et Tony Parker. « Depuis deux ans, il y a eu un remaniement du cinq et l'explosion de Nando. Entre ce qui s'était passé l'année dernière à l'Euro, puis au tournoi en Argentine fin juillet et après le premier match des Jeux, j'ai dit : ‘Ça ne marche pas’, a assuré Nicolas Batum. Je suis un playmaker (créateur) aussi maintenant ! Cela fait quatre ans que je fais des passes, je crée... C'est pour ça que j'ai été payé si cher par Charlotte cet été. Je n'ai pas été payé à faire des coupes dans le dos (des défenseurs) ! Mais c'est ce que je ne peux pas faire en équipe de France où, dans ce rôle-là, dans le cinq de départ, on a déjà Tony et Nando. »

Batum : « J’aurais pu passer au-dessus de ça »

S’il n’a pas pu avoir le rayonnement qu’il espérait en Bleu ces derniers mois, Nicolas Batum assure ne pas avoir bien vécu tout cela, avoir ressenti de la frustration et qu’il aurait dû réagir autrement. « Là où j'ai été fautif, c'est que j'aurais pu passer au-dessus de ça, au lieu de me prendre la tête. Je sais jouer ce jeu, c'est comme ça que j'ai commencé au haut niveau, se remémore Nicolas Batum. Là, c'est ma faute et je m'en veux énormément. Seulement, ça fait cinq ans que je suis passé à autre chose, que maintenant, ce n'est pas moi qui reçois les passes, c'est moi qui les fais, c'est moi qui crée les attaques. Je me suis dit que ce serait peut-être un meilleur équilibre pour l'équipe si je retournais sur le banc. Dans cette configuration, j'étais frustré. Je me disais : P..., je peux faire tellement plus pour aider cette équipe à gagner. » Suite à l’élimination des Bleus face à l’Espagne, Nicolas Batum, comme d’autres joueurs de l’équipe de France, n’a pas échappé aux critiques. Il a néanmoins tenté de donner une explication à ce qui a pu se passer à Rio. « Après l'Espagne, quelqu'un qui me connaît depuis mes débuts en NBA m'a dit : ‘J'ai cru revoir le Nicolas Batum de 2008’. C'était ça. Celui qui se cherche, qui ne sait pas, qui n'a aucune idée de ce qu'il doit faire, qui est paumé sur le terrain. C'est pour cela que j'ai dit à Vincent : "Sors-moi du cinq !", assure le joueur des Hornets. Combien de mecs, titulaires, avec 125 sélections, les médailles gagnées, une place dans le meilleur cinq de la Coupe du Monde il y a deux ans, un contrat de 120 millions de dollars, vont voir le coach et lui disent : "Sors-moi du cinq, c'est mieux pour l'équipe ?". Qu'on me fasse passer pour une diva, ça m'énerve un peu. Je voulais sortir du cinq pour le bien de l'équipe et avoir, moi, un meilleur impact, en entrant dans un autre rôle. »

Batum : « J'ai fait une belle connerie cet été »

Au sortir des Jeux Olympiques, et avec un calendrier international qui ne lui permettra pas de jongler entre saison NBA et qualifications à la Coupe du Monde avec l’équipe de France, Nicolas Batum assure que son avenir en Bleu est flou pour bien des raisons. « On change d'ère. Ça va peut-être libérer certaines personnes, ajoute l’ancien joueur de Portland. Thomas Heurtel va prendre une autre dimension, Nando aussi. Quand on me dit que c'est Nando le boss en équipe de France aujourd'hui, je le sais. Ça ne me gêne pas. Là encore, s'il y a déjà deux créateurs dans le cinq et qu'on me dit : "Nicolas, tu commences sur le banc", je m'en fous ! C'est à moi de m'ajuster. C'est avec les erreurs qu'on apprend et là, j'ai fait une belle connerie cet été. Évidemment, la naissance de mon fils change la perception des choses et des étés maintenant. L'interrogation est là, mais ce n'est pas en rapport avec ce qui s'est passé cet été. Ça fait trois ans que je m'interroge : quand est-ce que je prendrai un été pour me reposer ? Je suis papa et je prends très à coeur ce rôle-là. Et c'est dur de partir de la maison maintenant. » Vincent Collet pourrait donc devoir faire sans Nicolas Batum à l’avenir, lui qui a été confirmé à la tête des Bleus jusqu’en 2019.
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