Baselworld : Les montres connectées font parler d'elles malgré leur quasi-absence

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Pour Marc Hayek, qui dirige Breguet, Blancpain et Jaquet Droz, trois des marques de prestige du géant horloger Swatch Group, ces montres connectées, les "smart watch", constituent indéniablement une évolution intéressante. Matthias G. Ziegler/shutterstock
Pour Marc Hayek, qui dirige Breguet, Blancpain et Jaquet Droz, trois des marques de prestige du géant horloger Swatch Group, ces montres connectées, les "smart watch", constituent indéniablement une évolution intéressante. Matthias G. Ziegler/shutterstock

(AFP) - Les montres connectées sont pratiquement absentes à Baselworld, le salon international de l'horlogerie et de la joaillerie qui se tient cette semaine en Suisse, mais elles n'en ont pas moins beaucoup fait parler d'elles.

Pour cette 42ème édition, cet événement incontournable pour les professionnels du secteur a encore fois fait la part belle aux montres mécaniques, considérées comme le symbole de la tradition horlogère.

Parmi les rares exceptions, le japonais Casio a cependant présenté de nouveaux modèles de montres capables de communiquer avec des smartphones, reflétant la tendance dans les milieux de la haute technologie.

Dans ces présentoirs, l'horloger japonais a ainsi présenté la nouvelle version de la G-Sock, qui permet de recevoir des signaux GPS, ainsi qu'une montre appelée Edifice, reliée à un smartphone grâce à un signal Bluetooth.

"Nous attendons une énorme demande pour cela, car les gens aujourd'hui recherchent de plus en plus cette technologie", a déclaré Harald Schroeder, le directeur général du marketing chez Casio Europe, lors d'un entretien avec l'AFP.

Plusieurs géants technologiques asiatiques, tels que le sud-coréen Samsung, le japonais Sony ou encore le chinois Huawei ont dévoilé de nouvelles montres connectées au cours des derniers mois.

Les horlogers suisses, eux, campent jusqu'à présent sur leur savoir-faire issu d'une longue tradition mais n'en surveillent pas moins étroitement ces développements.

Pour Marc Hayek, qui dirige Breguet, Blancpain et Jaquet Droz, trois des marques de prestige du géant horloger Swatch Group, ces montres connectées, les "smart watch", constituent indéniablement une évolution intéressante.

"Techniquement il y a plein de choses qui sont possibles", a-t-il constaté. Mais, a-t-il précisé, ce n'est pas "parce que c'est possible qu'automatiquement le marché va être là".

Une montre ne doit pas se contenter de faire plus ou moins la même chose qu'un téléphone ou un Ipad, a-t-il pointé.

"Il faut réfléchir maintenant à ce qu'on peut faire comme utilisation", a-t-il ajouté, insistant sur le fait fallait leur trouver des fonctions "utiles" et "intelligentes".

Swatch Group, le numéro un mondial de l'horlogerie, a reconnu avoir été très courtisé dernièrement par les grands groupes de technologie. Connu pour ses montres en plastiques multicolores, le groupe est également premier fabricant de composants horlogers et dispose d'un vaste savoir-faire dans l'électronique appliquée à l'horlogerie.

Tissot, une de ses marques-phares, avait d'ailleurs été le premier à équiper ses montres d'écrans tactiles, bien avant que cette technologie ne se généralise sur les téléphones. Mais le groupe s'est jusqu'à maintenant montré prudent sur les montres connectées.

Stéphane Linder, le patron de Tag Heuer, propriété du groupe de luxe français LVMH, estime cependant que les horlogers doivent garder un oeil vigilant sur ces technologies.

Pour l'instant, ces montres n'apportent pas d'avantages significatifs par rapport aux téléphones auxquels elles sont reliées et tendent même à être plus compliquées à utiliser.

"Avec un téléphone, j'ai un écran qui est grand alors que sur une montre c'est tout petit", argumente-t-il.

Mais les avancées technologiques peuvent redistribuer entièrement les cartes, fait valoir Stéphane Linder qui prend l'exemple du géant californien Apple qui avait bouleversé le paysage de téléphonie mobile et détrôné les géants du secteur avec le lancement de l'iPhone. Les horlogers doivent donc se tenir prêts en cas de saut technologique sur les smart watch qui amènerait des bénéfices "clairs et nets" pour les utilisateurs.

"Mais dans ce cas, il y aura des développements sur le luxe aussi", prédit-il.

Le patron de Patek Philippe, un des fleurons de l'horlogerie suisse, s'est en revanche dit peu inquiet.

"On a eu la même chose quand l'iPhone a été lancé. On avait dit que c'était la fin de l'horlogerie et aujourd'hui les ventes de montres se portent très bien", a rappelé Thierry Stern, qui représente la quatrième génération au commandes de la société.

Les montres connectées ne sont, selon lui, pas "incompatibles" avec l'horlogerie de prestige.

"En général, elles sont obsolètes au bout d'un an parce qu'il y a toujours une nouvelle version. Ce ne sont pas des objets que l'on garde comme une montre", a-t-il ajouté.

Alors que les montres de luxe se posent avant tout comme de beaux objets dont la fonction n'est plus vraiment de donner l'heure, La Montre Hermès a d'ailleurs encore une fois joué avec le temps en dévoilant une montre qui n'affiche que les minutes.

"En moyenne, on ne regarde sa montre que huit fois par jour vu que l'heure est partout, sur les téléphones, sur les ordinateurs", a expliqué Philippe Delhotal, son directeur de la création. Sur simple pression d'un bouton, le propriétaire peut cependant activer l'aiguille des heures, masquée derrière celles des minutes, et reprendre ainsi quand il le souhaite le contrôle du temps.

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