Bartolone au front pour garder l'Ile-de-France à gauche

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* Une décision suscitée par l'Elysée et la direction du PS * La candidature de Bartolone fait pratiquement l'unanimité * Il devrait affronter Valérie Pécresse en décembre (Actualisé avec réactions, déclarations) par Emile Picy PARIS, 7 mai (Reuters) - Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a été envoyé au front par François Hollande et le Parti socialiste pour garder l'Ile-de-France à gauche lors des élections régionales de décembre, une candidature qui fait consensus. Au lendemain de l'annonce faite depuis son fief électoral, à la fédération PS de la Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone a vu plusieurs de ses concurrents potentiels se rallier à sa candidature et pourrait même échapper à une primaire socialiste. Dans son entourage, on ne cache pas que le président français et le Parti socialiste ont fait pression sur le quatrième personnage de l'Etat, qui n'envisageait pas de quitter le "perchoir", afin de rassembler et d'offrir une chance au PS de conserver la région la plus riche de France en décembre. "Il y avait un appel des militants en faveur d'une candidature de Claude Bartolone", dit un de ses proches, qui confirme également les appels du pied de l'Elysée. "C'est une bonne nouvelle", a commenté un proche du chef de l'Etat, qui voulait une candidature forte face à l'ancienne ministre UMP Valérie Pécresse, déjà en campagne. Le bon résultat du PS aux départementales de mars, qui ont vu le PS Stéphane Troussel remporter la Seine-Saint-Denis sous la houlette de Claude Bartolone malgré la défaite socialiste au niveau national, a aussi grandement joué. "Claude Bartolone a montré sa capacité à rassembler la gauche. Ce sera utile pour l'élection régionale de décembre", explique-t-on de source parlementaire. "LÉGITIMITÉ DANS LES BANLIEUES" Sa décision, annoncée à la veille de la clôture du dépôt des candidatures, a immédiatement été saluée par le retrait de plusieurs socialistes de la primaire qui est censée voir les militants désigner la tête de liste le 28 mai prochain. "Le sens des responsabilités qui a toujours été mon guide me conduit aujourd'hui à encourager ce rassemblement sans tergiverser", dit dans un communiqué Marie-Pierre de la Gontrie, première vice-présidente PS de la région Ile-de-France. L'ancien ministre Benoît Hamon, tenant de l'aile gauche du PS, s'est lui aussi rallié à la candidature de Claude Bartolone. "La force de la candidature de Claude Bartolone, c'est qu'elle a sa légitimité dans les banlieues et dans les quartiers populaires", estime l'ancien ministre de l'Education. Même le président sortant de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, candidat déclaré à sa succession, a laissé entendre qu'il pourrait renoncer. Dans un communiqué publié mercredi soir, il indiquait avoir convenu avec Claude Bartolone "d'échanger ensemble dans les tous prochains jours pour permettre le rassemblement le plus large possible". Il n'est pas exclu qu'un accord intervienne entre les deux hommes et que Claude Bartolone n'ait pas à passer par la case "primaire", conformément au souhait de l'Elysée et de la direction du Parti socialiste, dit une source parlementaire. L'UMP Valérie Pécresse fait campagne en Ile-de-France depuis plusieurs mois, tout comme la centriste Chantal Jouanno. Il n'est pas exclu que les deux femmes parviennent à un accord afin de présenter un ticket unique UMP-UDI. Le PS gouverne actuellement 21 des 22 régions métropolitaines mais a perdu tous les scrutins depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée en 2012. Avec la réforme territoriale, le nombre de régions métropolitaines est passé de 22 à 13 et le gain de l'Ile-de-France serait un symbole fort pour la droite. (Avec Marine Pennetier et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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  • brinon1 le jeudi 7 mai 2015 à 14:30

    "le parrain"....

  • newwin le jeudi 7 mai 2015 à 13:50

    tout sauf bartolone