Barclays supprime 12.000 emplois et augmente ses bonus

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BARCLAYS SUPPRIMERA JUSQU'À 12.000 EMPLOIS CETTE ANNÉE
BARCLAYS SUPPRIMERA JUSQU'À 12.000 EMPLOIS CETTE ANNÉE

par Steve Slater et Matt Scuffham

LONDRES (Reuters) - Barclays a annoncé mardi son intention de supprimer entre 10.000 et 12.000 emplois cette année dans le but de réduire ses coûts après la forte baisse des revenus de son activité de banque d'investissement en 2013.

Pourtant, la banque britannique a versé des bonus plus importants l'an dernier, au risque de provoquer la colère de la classe politique et des contribuables largement sollicités pour renflouer le secteur lors de la crise financière.

Barclays a annoncé qu'environ 7.000 emplois seraient supprimés au Royaume-Uni et que la moitié des salariés concernés en avaient déjà été informés. Les dernières baisses d'effectifs en date ne sont pas concentrées sur un métier précis, mais elles incluent 800 postes "senior", dont la moitié dans la branche de banque d'investissement dans les deux dernières semaines.

Le directeur général Antony Jenkins, qui a pris la tête de la banque en 2012 après le scandale de la manipulation des taux Libor et Euribor, retire progressivement Barclays de la banque d'investissement afin d'assainir son bilan et d'améliorer sa rentabilité. La banque a annoncé l'an dernier un objectif de réduction de coûts de 1,7 milliard de livres par an et supprimé 7.650 emplois, dont 1.400 dans la banque d'investissement.

Elle a versé un total de 2,38 milliards (2,86 milliards d'euros) de primes à ses employés l'an dernier, avec une augmentation de 13% des bonus dans sa banque d'investissement malgré la forte baisse des résultats de cette activité.

La banque a ajouté que le montant des bonus et autres primes incitatives avait été augmenté de 10% au total l'an dernier, un montant de 1,57 milliard de livres ayant été versé dans sa seule banque d'investissement, contre 1,39 milliard en 2012.

Compte tenu de la chute des résultats de l'activité, le ratio de rémunérations par rapport au bénéfice a atteint 43,2% en 2013 contre 40% en 2012. La banque précise qu'elle continue à viser un objectif de ratio de rémunération autour de 35%.

Le bonus moyen des 26.200 salariés de la banque d'investissement a été de 60.100 livres (72.328 euros).

RÉSULTATS INFÉRIEURS AUX ATTENTES

La combinaison de la hausse des bonus et des suppressions de postes a suscité l'indignation du principal syndicat britannique.

"Le changement de culture promis par la banque sera une plaisanterie si ceux au sommet continuent d'accumuler des montants obscènes d'argent alors que les employés des centres d'appel et des agences peinent avec des salaires bas et des emplois précaires", a dénoncé Ciaran Naidoo au nom de Unite the Union.

Antony Jenkins, qui avait renoncé à son propre bonus en 2013, a défendu le relèvement des primes en soulignant que Barclays était en concurrence avec les autres banques internationales pour recruter les meilleures équipes.

"Nous avons besoin de recruter des gens de Singapour à San Francisco. Nous avons besoin d'avoir les meilleurs dans la banque pour dégager de façon régulière des rendements à long terme pour nos actionnaires", a-t-il déclaré à la presse.

Barclays avait publié lundi les éléments clé de ses comptes 2013, dont un bénéfice ajusté avant impôt inférieur aux attentes et en baisse d'un quart, à 5,2 milliards de livres, affecté surtout par sa banque d'investissement.

Le bénéfice net de cette activité a chuté de 37% à 2,5 milliards de livres, avec un produit net bancaire en recul de 9% à 10,7 milliards de livres, qui s'explique largement par la baisse du revenu des activités obligataires.

Barclays s'attend à une amélioration de son ratio de levier à un minimum de 3,5% d'ici la fin de l'année à la suite de la réduction de son bilan. Son ratio de levier s'est amélioré en 2013 pour atteindre 3% à la fin de l'année, contre 2,2% fin juin. L'autorité britannique de régulation a exigé que la banque procède à une augmentation de capital de six milliards de livres en octobre afin de rehausser ce ratio.

Barclays a maintenu son objectif de distribution 40 à 50% de son bénéfice sous forme de dividendes.

La banque a réduit son bilan de 196 milliards de livres pour le ramener à 1.300 milliards.

L'action perd 5,16% à 260,80 pence à la Bourse de Londres vers 12h25 GMT, la plus forte baisse du l'indice paneuropéen Stoxx 600, lors que l'indice paneuropéen des bancaires gagne 0,67%.

Selon des analystes, les dépenses d'exploitation ont été plus élevées qu'attendu et Antony Jenkins a déçu également en ne revoyant pas à la hausse son objectif de réductions de coûts, qu'il a même jugé difficile à atteindre.

Steve Slater, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison

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