Barclays et d'ex-dirigeants poursuivis pour des opérations avec le Qatar

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    par Kirstin Ridley et Lawrence White 
    LONDRES, 20 juin (Reuters) - Barclays  BARC.L  et quatre de 
ses anciens dirigeants sont poursuivis au pénal pour des 
versements, non divulgués à l'époque, à des investisseurs 
qataris lors d'une levée de fonds de 12 milliards de livres 
(13,5 milliards d'euros) réalisée par la banque au plus fort de 
la crise financière de 2008.  
    Le Serious Fraud Office, le service britannique de lutte 
contre les fraudes financières, a dit mardi qu'il inculpait 
Barclays pour tentative de fraude et d'obtention d'un soutien 
financier illicite, ce qui en fait la première banque poursuivie 
au pénal pour des actes commis pendant la crise financière. 
    Barclays a dit qu'elle étudiait sa position et qu'elle 
attendait plus de précisions sur les charges retenues à son 
encontre par le SFO à l'issue de cinq ans d'enquête sur une 
injection massive de capital qui lui avait permis d'éviter le 
sort de Lloyds  LLOY.L  et RBS  RBS.L , toutes deux renflouées 
sur fonds publics.  
    Le SFO poursuit aussi quatre ex-hauts dirigeants de 
Barclays, John Varley, Roger Jenkins, Thomas Kalaris et Richard 
Boath, après l'enquête sur la levée de fonds en deux temps qui 
incluait un prêt de 3 milliards de dollars de Barclays à 
l'émirat de Golfe.   
    Un avocat de Roger Jenkins a dit qu'il se "défendrait 
vigoureusement" contre les accusations portées à son encontre 
ajoutant quen son client avait bénéficié de conseils juridiques 
aussi bien internes qu'externes à l'époque.  
    Un porte-parole de Richard Boath s'est refusé à tout 
commentaire de même qu'un avocat représentant John Varley tandis 
qu'un conseil de Thomas Kalaris n'a pu être joint dans 
l'immédiat.  
    Les quatre hommes sont les plus hauts dirigeants de banque à 
être inculpés en Grande-Bretagne pour des délits présumés commis 
pendant la crise financière et ils encourent des peines de 
prison allant jusqu'à dix ans s'ils sont reconnus coupables.  
     
    CONFORTABLES PLUS-VALUES 
    Le cabinet d'avocats britannique RPC a dit qu'il étudiait la 
possibilité de poursuites au civil pour le compte d'actionnaires 
de Barclays après les accusations portées par le SFO.  
    Barclays, première banque à faire l'objet de poursuites 
depuis que David Green a pris la tête du SFO en 2012, pourrait 
être mise à l'amende. 
    Le Qatar, qui a de nombreux intérêts en Grande-Bretagne, n'a 
fait l'objet d'aucune accusation.  
    John Varley, ex-directeur général de la banque, Roger 
Jenkins, ancien responsable des questions fiscales, Thomas 
Kalaris, qui était directeur général de la division gestion 
privée de Barclays, et Richard Boath, ex-directeur des 
institutions financières pour l'Europe, ont été inculpés de 
tentative de fraude du fait de déclarations mensongères lors de 
l'opération de levée de fonds de juin 2008.  
    John Varley et Roger Jenkins sont inculpé du même chef pour 
la deuxième opération d'augmentation de capital d'octobre 2008. 
Ils sont aussi inculpés de tentative d'obtention d'un soutien 
financier illicite, a dit le SFO.  
    Ce dernier a concentré son enquête sur les arrangements 
commerciaux entre Barclays et des investisseurs qataris lors des 
deux augmentations de capital d'urgence réalisées en juin et en 
octobre 2008, au plus fort de la crise financière.  
    Qatar Holding, partie intégrante du fonds souverain qatari, 
et Challenger, un véhicule d'investissement de l'ancien Premier 
ministre qatari, le cheikh Hamad ben Jassem ben Jaber al Thani, 
ont investi près de 5,3 milliards de livres dans Barclays.  
    Les autorités britanniques ont cherché à déterminer si des 
versements au Qatar effectués par Barclays au même moment, comme 
322 millions de livres au titre d'une convention d'assistance et 
de conseil ainsi qu'un prêt de plusieurs milliards de dollars, 
avaient été effectués de bonne foi et rendus publics 
correctement.  
    La Qatar, qui a réalisé une confortable plus-value sur son 
investissement dans Barclays, en demeure le principal 
actionnaire avec une participation d'environ 6%, selon des 
données de Thomson Reuters. 
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Bertrand 
Boucey) 
 

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