Barack Obama souligne l'impact du "shutdown" pour les Américains

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par Thomas Ferraro et Roberta Rampton

WASHINGTON (Reuters) - Un déblocage de la dispute budgétaire entre démocrates et républicains semblait improbable samedi au cinquième jour de la fermeture partielle de l'administration américaine, alors qu'un autre conflit, plus grave, sur le relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis, ne fait que commencer.

Dans son adresse hebdomadaire aux Américains, le président Barack Obama a accru la pression sur le camp républicain, en décrivant les conséquences de la fermeture partielle de l'administration fédérale pour les Américains.

Le président a cité plusieurs courriers que lui ont adressé des Américains affectés par l'arrêt de plusieurs programmes fédéraux, par exemple d'éducation de la petite enfance, ou de développement des zones rurales.

"Ce ne sont que quelques-unes des lettres déchirantes que j'ai reçues au cours des deux dernières semaines - dont plus de 30.000 au cours des derniers jours", a déclaré Barack Obama. "Je sais que les républicains de la Chambre des représentants entendent le même type d'histoires."

La Chambre des représentants, où les républicains sont majoritaires, a cependant mis de côté ses divisions samedi pour adopter à l'unanimité une mesure qui prévoit le versement rétroactif des traitements de 800.000 employés fédéraux, une fois que les agences concernées auront rouvert.

Le texte devrait être approuvé sans problème par le Sénat, dominé par les démocrates, avant d'être signé par Barack Obama.

Les représentants n'ont en revanche fait de progrès ni sur la résolution de la dispute sur la fermeture partielle de l'administration, ni sur un relèvement éventuel du plafond de la dette, actuellement de 16.700 milliards de dollars, pour éviter un défaut de paiement de l'Etat fédéral.

"PAS UN JEU"

Barack Obama a estimé samedi, dans des propos tenu à l'agence de presse Associated Press, qu'il n'aurait pas à prendre de mesure particulière pour empêcher une telle situation qui mettrait les Etats-Unis "en loques", car le Congrès votera selon lui le relèvement du plafond de la dette avant la date limite du 17 octobre.

La veille, John Boehner, le président républicain de la Chambre des représentants, était toutefois resté ferme sur le sujet, démentant les rumeurs selon lesquelles il comptait coopérer avec les démocrates pour adopter un relèvement du plafond de la dette.

"Ce n'est pas un jeu, bon sang", s'est agacé John Boehner, en réponse à un cadre de la Maison blanche, cité par le Wall Street Journal, selon lequel les démocrates sont en train de "gagner" la bataille budgétaire.

Le camp républicain, plus uni que ne veut l'admettre l'administration démocrate, veut profiter de sa majorité à la Chambre des représentants pour conditionner la reprise du financement des services fédéraux à l'arrêt de celui de la réforme de santé de la Maison blanche.

Certains analystes estiment cependant que le camp républicain est fragilisé par le lancement dans les faits de la réforme présidentielle du système de santé le 1er octobre, malgré le "shutdown", ce qui s'est traduit par l'ouverture de plates-formes dans les différents Etats pour des millions d'Américains ne bénéficiant d'aucune assurance.

Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, s'est pour sa part employé à calmer le jeu.

"Ne prenez pas cet épisode temporaire de la vie politique américaine pour quelque chose d'autre qu'une péripétie", a déclaré le secrétaire d'Etat au cours d'un sommet régional, en Indonésie, où Barack Obama a renoncé à se rendre. "Rien n'atténuera notre engagement envers l'Asie (...) Nous continuerons à satisfaire nos responsabilités à travers le monde."

Avec Mark Felsenthal; Julien Dury pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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