Barack Obama se présente en champion de la classe moyenne

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BARACK OBAMA SE PRÉSENTE EN DÉFENSEUR DE LA CLASSE MOYENNE
BARACK OBAMA SE PRÉSENTE EN DÉFENSEUR DE LA CLASSE MOYENNE

par Steve Holland et Jeff Mason

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a dévoilé mardi dans son discours sur l'état de l'Union un ambitieux programme pour son second mandat à la Maison blanche en se présentant comme le défenseur d'une classe moyenne frappée par les difficultés économiques malgré les profits des entreprises.

En allusion à son bras de fer permanent avec les républicains sur la maîtrise des comptes publics, le président démocrate a lancé un énième appel au compromis devant un Congrès divisé.

Les Américains n'attendent pas du gouvernement qu'il résolve tous les problèmes "mais ils attendent de nous que nous placions l'intérêt du pays avant ceux des partis", a-t-il dit en allusion aux négociations à venir pour éviter d'importantes réductions automatiques de dépenses fédérales. "Ils attendent de nous que nous parvenions à des compromis raisonnables quand nous le pouvons".

La plupart des propositions qu'il a exposées risquent toutefois de se heurter à une vive hostilité au sein de la Chambre des représentants, majoritairement républicaine.

Il s'est par exemple prononcé en faveur d'un relèvement du salaire horaire minimum de 7,25 dollars à neuf dollars. Les républicains s'opposent en principe à toute mesure de ce type, qui, selon eux, incite les entreprises à licencier.

Alors même que Barack Obama était en train de s'exprimer, John Boehner, le président républicain de la Chambre des représentants, a exprimé son scepticisme face aux annonces présidentielles.

Barack Obama propose "à peine plus que les mêmes politiques de relance qui ne sont pas parvenues à redresser notre économie et à redonner du travail aux Américains", a réagi John Boehner dans un communiqué diffusé par ses services, alors même qu'il était assis juste derrière le président américain.

"Le président avait une occasion de proposer une solution ce soir, mais il l'a laissée passer", a-t-il ajouté.

NÉGOCIATIONS COMMERCIALES AVEC L'UNION EUROPÉENNE

De même, Barack Obama a proposé d'investir 50 milliards de dollars dans la réfection de routes et de ponts alors même que les républicains jugent globalement inefficace son plan de relance de 787 milliards de dollars adopté durant son premier mandat.

"Notre économie crée des emplois, mais trop de gens ne parviennent toujours pas à trouver un travail à temps plein", a remarqué le président américain. "Les profits des entreprises ont grimpé à des niveaux jamais atteints mais depuis plus de 10 ans, les salaires et les revenus ont à peine évolué."

Retrouvant les accents de sa dernière campagne électorale, Barack Obama s'est dit déterminé à "rallumer le véritable moteur de la croissance économique américaine, une classe moyenne vigoureuse et prospère".

Se faisant l'avocat d'un Etat plus efficace, et non pas plus dispendieux, le président a exhorté le Congrès à augmenter les impôts sur les plus riches.

Il a en outre annoncé l'ouverture de négociations avec l'Union européenne sur un accord commercial global.

Il a aussi appelé les parlementaires à renforcer le contrôle des armes à feu, notamment par l'interdiction des armes semi-automatiques.

Assis aux côtés de son épouse Michelle dans les tribunes de la Chambre des représentants, étaient présents les parents d'une adolescente de Chicago, Hadiya Pendleton, tuée par une arme à feu une semaine après avoir participé en janvier aux festivités du début du second mandat de Barack Obama.

"Les parents de Hadiya (...) se trouvent dans cette assemblée ce soir, ainsi que plus d'une vingtaine d'Américains dont la vie a été brisée par la violence liées aux armes à feu. Ils méritent un vote (de votre part)", a dit le président américain.

Autre thème politique majeur de son second mandat, Barack Obama a demandé au Congrès d'approuver dans les prochains mois une réforme globale de l'immigration ouvrant la voie à la naturalisation d'environ 11 millions d'immigrés clandestins.

RETRAIT D'AFGHANISTAN

Il s'est aussi engagé à agir par décret pour lutter contre le réchauffement climatique si le Congrès ne prend aucune initiative en la matière.

Malgré une réélection confortable et une cote de popularité en hausse, le président démocrate ne dispose que d'une fenêtre d'action relativement courte, avant les élections de mi-mandat, en novembre 2014, puis l'entrée dans la campagne des primaires jusqu'à l'élection de son successeur, en 2016.

Barack Obama deviendra alors ce que les politologues américains qualifient de "lame-duck president", un président arrivant au terme de son second et dernier mandat et dont l'aptitude à impulser de nouvelles initiatives s'efface tandis que l'attention se détourne vers la lutte pour sa succession.

Largement dominé par les questions économiques, le discours sur l'état de l'Union a aussi permis à Barack Obama d'aborder des sujets de politique étrangère.

Il a ainsi annoncé le rapatriement d'ici début 2014 de 34.000 des 66.000 militaires américains toujours déployés en Afghanistan.

Il n'a en revanche fourni aucun détail sur la nature de l'éventuelle présence américaine au-delà de 2014, lorsque le retrait des forces militaires sera censé être achevé.

"Cette réduction des effectifs va se poursuivre. Et d'ici la fin de l'année prochaine, notre guerre en Afghanistan sera terminée", a-t-il dit sous les applaudissements.

Barack Obama s'est exprimé quelques heures après un troisième essai nucléaire nord-coréen.

"Les provocations telles que celle à laquelle nous avons assisté la nuit dernière vont uniquement contribuer à isoler davantage (la Corée du Nord) car nous restons aux côtés de nos alliés, nous renforçons notre propre système de défense antimissile et nous sommes à la tête des efforts internationaux pour entreprendre une action ferme face à ces menaces", a-t-il dit.

Henri-Pierre André et Bertrand Boucey pour le service français

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  • M5859377 le mercredi 13 fév 2013 à 08:23

    Obama lance des programmes massifs de création monétaire, maintenant il préconise une hausse de 20% du salaire minimum: la direction exactement opposée de celle de l'europe sous diktat allemand; qui s'en sort le mieux? l'Allemagne aspyxie complétement l'europe

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