Barack Obama reprend la main sur la politique étrangère

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BARACK OBAMA REPREND LA MAIN SUR LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE
BARACK OBAMA REPREND LA MAIN SUR LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE

par Matt Spetalnick et Mark Felsenthal

NATIONS UNIES (Reuters) - Barack Obama a profité, mardi, de son passage à la tribune des Nations unies pour reprendre la main sur le terrain de la politique étrangère face à son rival républicain Mitt Romney dans la course à la présidentielle du 6 novembre.

S'exprimant devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président américain s'est autant adressé aux leaders mondiaux présents qu'aux électeurs américains appeler à désigner leur futur chef d'Etat dans six semaines.

Dans une intervention de 30 minutes, Obama a passé en revue les principaux sujets diplomatiques auxquels est confrontée son administration: le nucléaire iranien, la flambée d'anti-américanisme dans le monde arabo-musulman ou encore la guerre civile en Syrie.

Concernant le programme nucléaire en Iran, les propos du président américain étaient certes destinés aux mollahs ou au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui attend une attitude plus ferme des Etats-Unis, mais également aux électeurs pro-israéliens qui pourraient faire basculer des Etats comme la Floride et l'Ohio.

Sur les rapides changements actuels que connaît le monde arabe et la récente flambée de violences meurtrières provoquée par une vidéo islamophobe, Obama a répondu en creux aux critiques des républicains qui lui reprochent d'avoir affaibli la stature mondiale du pays.

"J'accepte que des gens me traitent de tous les noms chaque jour", a-t-il dit en référence aux manifestations anti-américaines et aux reproches de ses adversaires politiques. "Et j'entends défendre leur droit de continuer à le faire".

La remarque a provoqué un murmure approbateur dans l'assistance qui a, pour le reste, observé un silence poli et stoïque.

Jusqu'à présent, le candidat républicain et son colistier Paul Ryan avaient décliné les thèmes économiques au cours de leur campagne, dressant le bilan de ce qu'ils considèrent comme un échec de la politique des démocrates.

Mais, la diplomatie et la place des Etats-Unis dans le monde sont devenues des sujets d'une actualité pressante au cours des deux dernières semaines, notamment avec la mort de l'ambassadeur Chris Stevens lors d'émeutes au consulat américain de Benghazi en Libye.

BREVE TREVE

Sentant qu'ils pouvaient exploiter une faille dans un domaine où Obama paraît avoir l'avantage, Romney et Ryan ont multiplié leurs attaques.

Le discours devant l'Assemblée générale des Nations unies constituait l'occasion pour le président sortant de réaffirmer son autorité et sa maîtrise sur la scène internationale avant de se rendre dans l'Ohio, mercredi, l'un des Etats-pivots qui pourrait décider de l'issue du scrutin.

Cette prestation n'a pas suffi à dissuader le camp républicain qui a renouvelé ses critiques par la voix de Paula Dobriansky, conseillère de Romney pour les questions internationales.

"Le président Obama a parlé du processus de paix israélo-palestinienne, de la Syrie et de l'Iran comme les grands défis auxquels fait face la communauté internationale", a-t-elle dit. "Mais sur ces trois sujets essentiels, il n'a malheureusement accompli aucun progrès".

Dans la campagne électorale, la journée de mardi a marqué un bref cessez-le-feu entre républicains et démocrates, Romney et Obama s'attachant avant tout à démontrer leur stature d'hommes d'Etat.

Romney s'est exprimé à New York devant la Clinton Global Initiative, une fondation créée par l'ancien président Bill Clinton, et a déclaré que les Etats-Unis devaient faire plus pour encourager la liberté d'entreprise et les créations d'emplois dans les pays en voie de développement.

Devant un public largement acquis à la cause démocrate, le candidat républicain s'est toutefois abstenu de critiquer Obama.

A six semaines du vote, l'ancien gouverneur du Massachusetts sait que le temps lui est compté pour combler son retard dans les intentions de vote.

Un sondage Reuters/Ipsos donnait mardi une avance de sept points à Obama, 49-42, sur son adversaire, soit une hausse d'un point par rapport à la précédente enquête, la veille.

Pierre Sérisier pour le service français

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