Barack Obama présente un budget qui vise les plus aisés

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BARACK OBAMA VEUT METTRE DAVANTAGE Á CONTRIBUTION LES PLUS AISÉS
BARACK OBAMA VEUT METTRE DAVANTAGE Á CONTRIBUTION LES PLUS AISÉS

par Mark Felsenthal et Jeff Mason

WASHINGTON (Reuters) - La Maison blanche a proposé mercredi un projet de budget de 3.770 milliards de dollars pour 2014 qui prévoit de réduire fortement le déficit en trois ans via un mélange de coupes dans certains programmes sociaux et d'augmentation de la fiscalité des classes les plus aisées.

Le texte est censé convaincre les républicains d'entamer les négociations portant sur un vaste plan de réduction des déficits mais il contient une proposition faite l'an dernier par Barack Obama qui avait été rejetée par les dirigeants républicains.

Le budget présenté par le président américain pour l'exercice fiscal 2014, qui commence le 1er octobre, prévoit une hausse des impôts pour les ménages qui gagnent plus d'un million de dollars par an ainsi que le remplacement des coupes "séquestres" intervenues en mars par des réductions plus limitées des dépenses budgétaires.

Le texte a toutefois peu de chances d'être adopté.

Bon nombre de républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, sont opposés à une hausse de la fiscalité pour les plus aisés et les démocrates sont contre la diminution des prestations sociales.

Ceci étant dit, les deux parties sont convaincues de la nécessité de réduire le déficit budgétaire. Selon le projet présenté par Barack Obama, il tomberait à 744 milliards de dollars en 2014, soit 4,4% du produit intérieur brut (PIB), contre un déficit estimé de 973 milliards pour l'exercice fiscal 2013.

Le président américain a souligné que ses propositions -en particulier les coupes prévues dans les domaines de la santé et des retraites- étaient la preuve qu'il avait fait un pas vers les républicains.

"En matière de réduction des déficits, j'ai fait plus de la moitié du chemin en direction des républicains. Donc, dans les jours et les semaines à venir, j'espère que les républicains se manifesteront et apporteront la preuve qu'ils sont aussi préoccupés (...) par les déficits et la dette qu'ils disent l'être", a déclaré Barack Obama.

REJET DES RÉPUBLICAINS

D'après le projet présenté par Barack Obama, les ménages qui gagnent au moins un million de dollars par an devront reverser 30% au moins de leurs revenus au fisc, une fois déduites les donations aux oeuvres caritatives.

Cette hausse des impôts, couplée à une baisse des dépenses et à un plafonnement à 28% des déductions fiscales pour les plus aisés, doit ramener le déficit budgétaire à 2,8% du PIB en 2016, selon des hauts fonctionnaires du gouvernement.

L'Office du budget du Congrès (CBO), entité non partisane, projetait en février un déficit à 5,3% du PIB cette année.

Selon les conseillers du président, le projet de loi de finances pour 2014 permettra une réduction du déficit de 1.800 milliards de dollars sur dix ans. Ajouté aux 2.500 milliards de réductions des déficits passés, on arrive à 4.000 milliards de réductions, chiffre considéré comme acceptable à la fois par les républicains et par les démocrates.

Les républicains n'ont pas tardé à critiquer le projet de budget.

John Boehner, chef de file des républicains à la Chambre des représentants, a déclaré que les propositions de Barack Obama en matière de baisse des prestations sociales étaient louables mais insuffisantes.

"J'espère qu'il ne va pas détenir en otage ces modestes réformes en échange de plus importantes hausses d'impôts. Le président a eu ses hausses d'impôts en janvier, nous n'avons plus besoin de relever les impôts des Américains", a-t-il dit.

"J'espère que, dans les prochaines semaines, nous aurons l'occasion, via le processus budgétaire, d'arriver à une forme d'accord."

La Maison blanche rompt avec la tradition qui veut que le budget ne serve qu'à rappeler la position idéale de la présidence. Il essaie au contraire de relancer les discussions pour rapprocher les positions des deux camps.

Barack Obama, qui a été l'objet de critiques dans son propre camp, après avoir concédé aux républicains l'adoption d'un calcul moins généreux de l'inflation pour déterminer les augmentations automatiques de certaines aides sociales, a invité 12 élus républicains à venir dîner à la Maison blanche mercredi.

L'incapacité des deux camps à trouver un compromis a déjà conduit à maintenir les 85 milliards de dollars de coupes automatiques du "séquestre" mises en place le 1er mars. Le projet de budget présidentiel remplace ces coupes par une réduction des dépenses de 930 milliards de dollars et 580 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires.

Le budget présenté par Barack Obama suit une ligne opposée à celle du projet concurrent proposé au nom du camp républicain par Paul Ryan, représentant du Wisconsin et candidat malheureux à la vice-présidence américaine en 2012, qui met l'accent sur la réduction des dépenses publiques.

Julien Dury, Danielle Rouquié et Benoît Van Overstraeten pour le service français

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  • marshaka le mercredi 10 avr 2013 à 13:42

    Quel manque d'ambition, encore un budget en déficit, seulement un espoir de voir le déficit revenir à 2,8 % du pib, évidemment, l'hypothèse de croissance doit être optimiste !

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