Barack Obama manie louanges et pressions en Birmanie

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BARACK OBAMA EN BIRMANIE
BARACK OBAMA EN BIRMANIE

par Matt Spetalnick et Jeff Mason

RANGOUN (Reuters) - Devenu lundi le premier président américain en exercice à se rendre en Birmanie, Barack Obama s'est efforcé d'y trouver le juste équilibre entre louanges pour les réformes entreprises et pressions en faveur de leur poursuite.

Le locataire de la Maison blanche, qui effectue une visite éclair de six heures, a d'abord été reçu par son homologue Thein Sein, ancien membre de la junte militaire qui supervise les réformes depuis son investiture en mars 2011 à la tête de la nouvelle administration civile, où les ex-militaires restent très présents.

"Je lui ai fait savoir que je reconnaissais cela comme le premier pas de ce qui sera un long voyage. Mais nous pensons qu'un processus de réformes démocratiques et économiques comme celui que le président a entamé ici au Myanmar peut mener à d'incroyables opportunités en matière de développement", a déclaré Barack Obama, s'adressant à la presse en compagnie de son hôte.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux enfants agitant de petits drapeaux américains et birmans, lui ont souhaité la bienvenue sur la route menant à l'ancien parlement, à Rangoun, où il a été reçu par le président Thein Sein.

"We Love Obama", pouvait-on lire sur certaines pancartes. A son arrivée devant le bâtiment, la foule a envahi la rue et s'est approché au point de toucher la voiture présidentielle.

Après son entrevue avec Thein Sein, il devait s'entretenir avec Aung San Suu Kyi, figure historique de l'opposition et lauréate du prix Nobel de la paix comme lui, qui siège désormais au parlement.

ILLUSION

Pour la Maison blanche, la fin du régime militaire et l'ouverture entamée à un rythme surprenant constituent une victoire majeure de la diplomatie américaine. Les mouvements de défenses des droits de l'homme, pour qui l'ouverture reste incomplète, jugent toutefois la visite de Barack Obama prématurée.

Le président des Etats-Unis a souligné dimanche que cette visite en Birmanie ne devait pas être interprétée comme une reconnaissance du régime civil birman.

"Je crois que personne ne vit dans l'illusion que la Birmanie est parvenue là où elle doit être", a-t-il dit.

"D'un autre côté, si nous attendons qu'elle soit devenue une démocratie parfaite pour nous engager, je crains que nous n'attendions terriblement longtemps", a-t-il poursuivi. "L'un des objectifs de cette visite est de souligner les progrès accomplis et d'évoquer les progrès bien plus importants qui restent à accomplir à l'avenir."

A la veille de sa visite, la télévision d'Etat birmane a annoncé la libération ce lundi de 66 détenus.

Les conseillers du président américain assurent qu'il est déterminé à faire en sorte qu'aucun retour en arrière ne soit possible en Birmanie et qu'elle n'en reste pas là.

Selon l'un d'eux, il s'apprête à annoncer la reprise de l'aide américaine, qui devrait représenter 170 millions de dollars pour l'exercice fiscal 2012-2013. Cette aide, souligne-t-on, restera toutefois conditionnée à la poursuite des réformes.

Les Etats-Unis avaient déjà annoncé vendredi la levée du boycott de la majeure partie des biens produits en Birmanie.

Après cette visite historique, Barack Obama est attendu au Cambodge où il doit assister au sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) avant de regagner mercredi Washington, où l'attendent les dossiers brûlants de la bande de Gaza, coté international, et du "mur budgétaire", sur le plan intérieur.

Danielle Rouquié pour le service français

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