Barack Obama et Mitt Romney dans le sprint final

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par John Whitesides

WASHINGTON (Reuters) - A J-1, Barack Obama et Mitt Romney jettent lundi leurs dernières forces dans le sprint final de l'élection présidentielle américaine pour tenter de convaincre les indécis et mobiliser leurs troupes pour un scrutin où ils font quasiment jeu égal.

En ce dernier jour de campagne, le démocrate et le républicain vont poursuivre leur course effrénée dans les "Swing States", ces Etats pivots où se jouera l'élection de mardi.

Barack Obama conclura sa campagne dans le Wisconsin, l'Ohio et l'Iowa, trois Etats dans lesquels il bénéficie d'une très légère avance dans les sondages et qui, ajoutés à ceux déjà considérés comme acquis, suffiraient à lui assurer les 270 voix nécessaires au sein du collège électoral pour être réélu (1).

Il effectuera son ultime sortie de campagne dans l'Iowa, Etat symbolique s'il en est de la conquête de la Maison blanche par le candidat démocrate : c'est là, en janvier 2008, qu'il avait frappé les esprits en remportant les caucus organisés dans cet Etat, première étape des primaires démocrates qui allaient aboutir, dix mois plus tard, à son succès.

Mitt Romney sera quant à lui en Virginie et en Floride, deux Etats qu'il doit absolument accrocher à son tableau de chasse pour avoir une chance de l'emporter, avant de se rendre dans l'Ohio, Etat le plus disputé et synonyme d'accession à la Maison blanche lors des dix derniers scrutins.

Le candidat républicain conclura sa journée-marathon dans le New Hampshire, où il a lancé sa candidature l'an dernier.

"CELA DÉPEND DE VOUS"

Si les sondages donnent les deux candidats à égalité à l'échelle nationale, ils créditent le président sortant d'une légère avance au niveau des Etats pivots.

Après des mois de spots publicitaires et d'attaques réciproques, parfois acerbes, les deux candidats ont simplifié leur message à l'approche du verdict. Chacun s'est posé comme le meilleur recours pour résoudre la crise économique et sortir le pays d'un profond clivage politique.

Tous deux ont également appelé leurs partisans mais aussi les électeurs qui hésitent encore à se rendre aux urnes en se posant la question du bon choix.

"Cela dépend de vous. C'est vous qui avez le pouvoir", s'est exclamé Barack Obama devant 14.000 personnes rassemblées dans les rues de Concord, dans le New Hampshire, Etat où la tendance demeure incertaine.

"C'est vous qui allez déterminer les décisions qui seront prises pour ce pays pendant les décennies à venir. C'est maintenant, dans les deux jours qui viennent", a-t-il ajouté.

A Des Moines dans l'Iowa, Mitt Romney a demandé à ses partisans d'aller voter, mais aussi de convaincre les indécis ou les déçus de la présidence Obama de le soutenir. Lors d'une étape dans l'Ohio, il a lancé : "Faites en sorte que tout le monde aille voter."

Le candidat du Grand Old Party s'est à nouveau posé en champion du changement et de la réconciliation politique entre les deux principales formations du pays.

"Accomplir un changement réel n'est pas simplement une chose que je propose. C'est une chose que j'ai faite. C'est une chose que je ferai quand je serai président des Etats-Unis", a proclamé l'ancien gouverneur du Massachusetts lors du meeting de Des Moines.

"CELA VA SE JOUER À UN CHEVEU"

Les enquêtes d'opinion continuent de donner un court mais persistant avantage à Barack Obama dans l'Ohio, le Wisconsin, l'Iowa et le Nevada.

"Cela se joue à trois fois rien. C'est extrêmement serré mais les choses semblent plus favorables à Obama", estime Julia Clark, de l'institut Ipsos. "Le vote populaire va vraiment se jouer à un cheveu, mais je pense que le système du collège électoral rend la réélection de Barack Obama plus probable."

La dernière livraison en date du sondage Ipsos-Reuters donne les deux candidats à égalité en Floride et dans le Colorado, une avance non significative (un point) d'Obama en Virginie. Dans l'Ohio en revanche, l'avance du président sortant est plus substantielle (quatre points).

Or, si Barack Obama peut se permettre de perdre l'Ohio, Mitt Romney aura du mal à compenser ailleurs une éventuelle défaite dans le plus disputé des Etats.

Du résultat de l'élection de mardi dépendront les futures orientations de politiques intérieures et étrangères, de l'imminence du "mur budgétaire" avec des coupes dans les dépenses et des hausses d'impôts à la question de l'immigration illégale ou du dossier nucléaire iranien.

L'équilibre du Congrès sera également en jeu mardi, avec le renouvellement d'un tiers des sièges du Sénat, que les démocrates devraient désormais occuper majoritairement. Les républicains devraient, eux, garder le contrôle de la Chambre des représentants.

(1) Le président des Etats-Unis est élu au suffrage indirect par un collège électoral de 538 grands électeurs élus Etat par Etat, en fonction notamment de leur démographie (de trois grands électeurs par exemple dans le Montana, le Wyoming, les deux Dakota, l'Alaska, le Delaware, le Vermont et le district fédéral de Washington à 55 en Californie).

Avec Jeff Mason dans le New Hamsphire et Patricia Zengerle dans l'Iowa, Pierre Sérisier et Agathe Machecourt pour le service français, édité par Henri-Pierre André et Gilles Trequesser

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