Barack Obama et l'écologie, une histoire à (ré)écrire

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L'augmentation du nombre de catastrophes naturelles en Amérique du Nord au cours des trois dernières décennies pourrait amener Barack Obama à renforcer sa politique de lutte contre le réchauffement climatique.
L'augmentation du nombre de catastrophes naturelles en Amérique du Nord au cours des trois dernières décennies pourrait amener Barack Obama à renforcer sa politique de lutte contre le réchauffement climatique.

Réélu, Barack Obama va devoir cravacher pour éviter le décrochage économique des États-Unis. Sur le plan environnemental aussi, la tâche est immense.



Problème : la Chambre des Représentants reste dominée par les républicains et cette situation perdurera au moins jusqu'aux prochaines élections de mi-mandat, fin 2014. De fait, le locataire de la Maison Blanche a immédiatement tendu la main à ses adversaires, se déclarant prêt à faire des concessions, tout en sachant très bien que sa marge de manoeuvre est limitée.


Occulté des débats présidentiels, mais revenu spectaculairement sur le devant de la scène médiatique à la suite des lourds dégâts provoqués par l'ouragan Sandy, le réchauffement climatique est à peu près le cadet des soucis des républicains. Il y a donc tout lieu de croire que M. Obama ne sera pas en mesure d'instaurer un marché carbone national dans l'immédiat, lui qui avait dû renoncer au « pack énergie-climat » lors de son premier quadriennat, alors même que si l'on en croit une enquête réalisée par l'Université de Yale, 70 % de ses concitoyens croient désormais en la réalité du changement climatique (treize points de plus qu'en janvier 2010).


Le prochain sommet de Doha (Qatar) sera un bon indicateur des dispositions américaines en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, lesquelles n'ont jusqu'ici baissé qu'en raison de la récession. Théâtre de nombreuses ? et très coûteuses ? catastrophes naturelles ces deux dernières années (NDLR : D'après un rapport de la compagnie allemande de réassurance Munich RE relayé par nos confrères du site Internet Actu-environnement.com, « l'augmentation du nombre de catastrophes naturelles n'est nulle part ailleurs aussi évidente qu'en Amérique du Nord » et les « pertes financières dues à des événements météorologiques » auraient de surcroît atteint... huit cent-vingt milliards d'euros durant la période 1980-2011), l'Oncle Sam n'a pas à proprement parler de « tradition » environnementale.


Le chef de l'exécutif américain mesure néanmoins la nécessité de prendre des mesures fortes pour réduire le bilan carbone du pays et limiter tous les gaspillages. Un très vaste chantier déjà amorcé à travers notamment la mise en place de nouveaux standards d'efficacité des carburants, standards qui doivent amener une diminution de moitié des rejets carbone des voitures neuves et des camions à l'horizon 2025.



Peur sur New York


Vu la puissance des lobbies concernés, M. Obama aura en revanche beaucoup de mal, si tant est que ce soit dans les plans, à renforcer l'encadrement sécuritaire autour de l'extraction des gaz de schiste, désormais exploités dans des proportions impressionnantes outre-Atlantique. Il a en outre indiqué durant la campagne que de son point de vue, le gaz et le pétrole devaient continuer à faire partie intégrante du bouquet énergétique national au même titre que l'énergie durable, appelée à encore substantiellement progresser au cours des quatre prochaines années (NDLR : la production d'électricité issue de sources « propres » a déjà doublé depuis 2008, essentiellement grâce aux investissements consentis dans les filières du solaire et de l'éolien) - sous réserve que les républicains leur mettent moins de bâtons dans les roues - et que le nucléaire, relancé sous son impulsion après un « coma artificiel » de plus de trois décennies.


À court terme, Washington devra statuer sur le projet de « superpipeline » américano-canadien Keystone XL, déjà évoqué dans ces colonnes, vivier d'emplois, mais contre lequel les écologistes sont vent debout. Peut-être M. Obama se penchera-t-il aussi sur le projet d'une contribution carbone, laquelle constituerait de l'avis de l'environnementaliste James Hansen une alternative pertinente à un marché de quotas qui serait trop complexe à instaurer et à faire accepter.


Soutien du président reconduit, le maire de New York Michael Bloomberg, mais aussi le gouverneur Michael Cuomo prônent de leur côté l'érection de digues et de systèmes d'étanchéité dans le réseau métropolitain de la Grosse Pomme pour faire face aux intempéries. Une requête d'autant plus légitime qu'après Sandy, la ville la plus peuplée des États-Unis a eu « droit » hier au passage d'Athena, une violente tempête de neige qui a entre autres conduit à l'annulation de plus d'un millier de vols.


La première, mais sûrement pas la dernière du second mandat de M. Obama.


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