Barack Obama entame une visite historique à Cuba

le
0
    par Matt Spetalnick, Daniel Trotta, Jeff Mason et Frank Jack 
Daniel 
    LA HAVANE, 21 mars (Reuters) - Barack Obama est arrivé 
dimanche à La Havane pour une visite historique destinée à 
consolider le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba après 
des décennies d'hostilité. 
    Il est le premier président américain en exercice à se 
rendre à Cuba depuis Calvin Coolidge en 1928. 
    Le président américain a atterri à l'aéroport international 
José Marti de La Havane, à bord de son avion Air Force One, 
événement impensable il n'y a pas longtemps encore. 
    Sous un léger crachin, Barack Obama et sa famille ont été 
accueillis sur le tapis rouge par le ministre cubain des 
Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Ils sont montés ensuite à 
bord d'une limousine blindée à l'avant de laquelle flottaient de 
petits drapeaux américains et cubains, et ont quitté l'aéroport 
en convoi. 
    La cérémonie officielle de bienvenue se déroulera lundi 
lorsque Barack Obama sera reçu par le président cubain Raul 
Castro. 
    Les premiers mots du président démocrate aux Cubains sont 
venus sur Twitter, un service de messagerie sur internet que peu 
d'habitants de l'île utilisent régulièrement en raison des 
restrictions d'accès imposées par les autorités. "Que bola 
Cuba?", soit "comment ça va Cuba?" en argot cubain, a-t-il 
écrit. "Tout juste arrivé ici, impatient de rencontrer et 
d'écouter directement le peuple cubain." 
    Cette visite, qui doit durer jusqu'à mardi, vise à rendre 
"irréversible" le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba, 
amorcé par Barack Obama en décembre 2014, souligne la Maison 
blanche. Les relations diplomatiques ont été rétablies en 
juillet dernier entre les deux pays, qui continuent néanmoins 
d'entretenir de profonds désaccords.   
    Barack Obama entend tourner la page d'une hostilité datant 
de la Guerre froide, qui a débuté peu après le renversement en 
1959 d'un gouvernement cubain pro-américain par des 
révolutionnaires emmenés par Fidel Castro, frère de l'actuel 
président. 
     
    EMBARGO 
    De nombreux obstacles demeurent néanmoins sur la voie d'une 
pleine normalisation des relations entre les deux pays, en 
premier lieu l'embargo économique des Etats-Unis sur Cuba que le 
Congrès à majorité républicaine à Washington refuse de lever. 
    Accompagné de son épouse Michelle et de leurs deux filles 
Sasha et Malia, Barack Obama a d'abord rencontré le personnel de 
l'ambassade des Etats-Unis tout juste rouverte à La Havane. 
    "C'est une occasion historique de s'adresser directement au 
peuple cubain", a-t-il dit aux diplomates américains. 
    Barack Obama et sa famille ont ensuite joué aux touristes 
pour leur première soirée dans l'île, dans la vieille ville de 
La Havane, où de petits groupes de Cubains et de vacanciers 
étrangers les ont salués. Le président américain a notamment 
visité la cathédrale de La Havane, un édifice du XVIIIe siècle, 
sous la conduite du cardinal Jaime Ortega, qui a joué un rôle 
majeur dans les négociations secrètes ayant abouti à la percée 
diplomatique de décembre 2014. 
    Lundi, Barack Obama aura un entretien avec Raul Castro, mais 
ne rencontrera pas son frère aîné Fidel, et prendra la parole 
devant un parterre d'entrepreneurs. Il verra à titre privé des 
dissidents mardi à l'ambassade des Etats-Unis et s'adressera en 
direct aux Cubains via les médias officiels. Il assistera aussi 
à une partie de baseball. 
    Peu avant l'arrivée de Barack Obama dans l'île, des 
policiers cubains, épaulés par plusieurs centaines de 
manifestants favorables au régime, ont dispersé dimanche la 
marche hebdomadaire des "Dames en blanc", un mouvement de 
dissidents, interpellant une cinquantaine de ses membres. 
    Cette scène se répète tous les dimanches mais l'intervention 
a tout de même paru plus vigoureuse que d'habitude cette fois. 
    Les femmes manifestaient dans le quartier de Miramar, dans 
la capitale, après la messe des Rameaux, et ont été poussées à 
l'intérieur de fourgons de police alors qu'elles venaient de 
s'asseoir pour bloquer une rue où les partisans du régime 
scandaient des slogans contre elles. 
    La dirigeante des Dames en blanc, Berta Soler, qui a été 
invitée à rencontrer Barack Obama mardi, figure au nombre des 
personnes emmenées par la police dimanche. 
 
 (Avec Marc Frank et Nelson Acosta à La Havane; Eric Faye et 
Bertrand Boucey pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant