Barack Obama appelle au calme après l'acquittement de Zimmerman

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BARACK OBAMA APPELLE AU CALME APRÈS L'ACQUITTEMENT DE GEORGE ZIMMERMAN
BARACK OBAMA APPELLE AU CALME APRÈS L'ACQUITTEMENT DE GEORGE ZIMMERMAN

par Ellen Wulfhorst et Barbara Liston

SANFORD, Floride (Reuters) - Barack Obama a lancé un appel au calme, dimanche, après l'acquittement de George Zimmerman pour le meurtre de Trayvon Martin, un adolescent noir de 17 ans tué l'an dernier en Floride, tandis que des milliers de personnes manifestaient pour dénoncer ce verdict.

Le vigile bénévole, jugé non coupable samedi soir à Sanford par un jury formé de six femmes, reste toutefois passible de poursuites au civil et d'une procédure au niveau fédéral, que les défenseurs des droits civiques appellent de leurs voeux. Le département de la Justice a fait savoir qu'il y réfléchissait.

Selon ses détracteurs, George Zimmerman, un blanc d'origine hispanique âgé de 29 ans, a pris Trayvon Martin pour un criminel seulement parce qu'il était noir. "Sans justice, pas de paix", ont clamé dimanche les 1.000 à 2.000 manifestants rassemblés sur Union Square à New York. "Justice pour Trayvon. Prison pour Zimmerman", pouvait-on lire sur leurs pancartes.

Ils se sont ensuite dirigés vers Times Square, perturbant la circulation. Un demi-millier de personnes se sont également rassemblées à Boston et d'autres manifestations étaient prévues, notamment à San Francisco, San Diego et Sacramento.

"Nous sommes une nation de droit et un jury s'est exprimé", dit Barack Obama dans un communiqué. "Je demande maintenant à chaque Américain de respecter l'appel à une réflexion calme lancé par les deux parents qui ont perdu leur jeune fils".

"Nous devons nous demander comment, en tant qu'individus, en tant que groupes sociaux, nous pouvons empêcher de nouvelles tragédies de ce genre. C'est comme cela qu'il faut honorer la mémoire de Trayvon Martin", ajoute le président.

Le jury du tribunal de Sanford a délibéré pendant 16 heures vendredi et samedi avant d'annoncer vers 22h00 l'acquittement de George Zimmerman, qui était passible de la réclusion à perpétuité.

Ses avocats affirment qu'il a agi en état de légitime défense et accusent les défenseurs des droits civiques d'invoquer à tort la question raciale.

JESSE JACKSON ABASOURDI

"C'est une telle honte. L'affaire a pratiquement détruit George dès le premier jour (...) Le fait qu'ils aient introduit le thème racial dans ce procès l'a profondément blessé", a déclaré John Donnely.

L'affaire n'aurait pas dépassé la brève dans le journal local si la police avait procédé immédiatement à l'arrestation de George Zimmerman. Or, il n'a été interpellé qu'un mois et demi après la mort de Trayvon Martin.

"Quand vous écoutez les propos de jeunes noirs qui habitent dans ce quartier et qui avaient l'impression d'être particulièrement visés (par George Zimmerman), on peut craindre que la race du jeune Trayvon soit l'une des raisons pour lesquelles il a été pris pour cible", a affirmé Benjamin Jealous, président de l'Association nationale pour la promotion des personnes de couleur (NAACP).

"Je reste abasourdi par ce verdict", a quant à lui déclaré le pasteur Jesse Jackson, militant de longue date en faveur des droits des minorités. "Le département de la Justice doit intervenir pour élever ceci à un autre niveau."

Le ministère examine les éléments du dossier pour déterminer s'il existe "une atteinte justiciable aux droits civiques limités qui sont de notre ressort", a expliqué un porte-parole.

Les membres du jury, qui ont été isolés pendant les trois semaines du procès, ont refusé de répondre à la presse après ce verdict très attendu.

George Zimmerman a comparu sans le bracelet électronique qu'il portait depuis sa remise en liberté sous caution. Selon son frère, il a l'intention de se faire discret pendant un moment.

Le 26 février 2012, le vigile bénévole d'origine hispanique aujourd'hui âgé de 29 ans circulait en voiture quant il a croisé la route de Trayvon Martin dans l'enceinte d'un quartier résidentiel surveillé de Sanford, dans le centre de la Floride.

Le jugeant suspect, il a alors appelé la police. L'adolescent, qui logeait dans le quartier en question, au domicile de la compagne de son père, revenait d'une épicerie où il avait acheté des sucreries et un soda. Il n'était pas armé.

Quelques minutes plus tard, Zimmerman est sorti de sa voiture et les deux hommes se sont battus. Blessé au visage, le vigile a ensuite ouvert le feu sur Trayvon Martin, qui a été tué d'une balle de 9 mm en plein coeur.

Le parquet n'est donc pas parvenu à convaincre les jurés qu'un crime a bien été commis et que la légitime défense ne pouvait être invoquée.

Avec Victoria Cavaliere et Adrees Latif; à New York, Jean-Philippe Lefief pour le service français

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