Barack Obama annule son voyage en Asie pour cause de "shutdown"

le
0
OBAMA ANNULE SA TOURNÉE EN ASIE POUR CAUSE DE "SHUTDOWN"
OBAMA ANNULE SA TOURNÉE EN ASIE POUR CAUSE DE "SHUTDOWN"

par Steve Holland et James Pomfret

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a annulé un déplacement en Indonésie et dans le sultanat de Bruneï en raison de la fermeture partielle des services fédéraux américains ("shutdown") qui requiert sa présence à Washington.

Le président américain avait déjà annulé deux autres étapes, en Malaisie et aux Philippines, d'une tournée dans quatre pays d'Asie qui devait commencer samedi et durer une semaine.

Les services fédéraux américains sont partiellement fermés depuis mardi, faute de budget voté par le Congrès à la suite de l'opposition résolue d'une frange de l'opposition républicaine à la réforme de l'assurance-maladie, dite Obamacare.

Le bras de fer entre l'administration Obama et le GOP a toutes les chances de durer une semaine encore, ou même plus.

En outre, une crise encore plus grave se profile si d'ici le 17 octobre le gouvernement américain ne parvient pas à faire voter un relèvement du plafond de la dette, sous peine de voir le pays en défaut de paiement virtuel.

"Le président a pris cette décision en raison de la difficulté d'effectuer un voyage à l'étranger en plein 'shutdown' et de sa détermination à continuer de tout faire pour convaincre les républicains d'autoriser immédiatement un vote pour rouvrir les services gouvernementaux", dit la Maison blanche.

En Indonésie, Barack Obama devait assister au sommet de l'Apec (Forum de coopération économique Asie-Pacifique), qui a lieu à Bali du 5 au 7 octobre, avant de se rendre à Bruneï pour un sommet sur la sécurité en Asie.

Les délégations américaines seront conduites par le secrétaire d'Etat, John Kerry.

UN BOULEVARD POUR LA CHINE ?

Dans son communiqué, la Maison blanche déplore un "shutdown complètement évitable qui réduit notre capacité à créer des emplois via la promotion des exportations américaines et à défendre le leadership et les intérêts américains dans la plus vaste région émergente du monde".

Depuis 2010, l'administration Obama a réorienté sa diplomatie vers l'Asie-Pacifique dans le but de jouer un rôle accru dans cette région stratégique et d'y contrer notamment l'influence de la Chine.

Lors de ces sommets, Barack Obama était censé rencontrer, entre autres, ses homologues russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping, ainsi que le nouveau Premier ministre japonais, Shinzo Abe.

La guerre en Syrie, notamment le suivi de l'accord russo-américain de Genève sur un démantèlement vérifiable des arsenaux chimiques syriens, devait être abordée entre Barack Obama et Vladimir Poutine.

"Nous sommes déçus", a réagi le ministre indonésien de l'Information, Tifatul Sembiring, à Bali. "Je pense que le sommet aura lieu mais sans (Barack Obama), vous imaginez aisément notre déception. Nous ne pouvions imaginer un instant sa défection".

Le président chinois, qui effectue à compter de vendredi une visite en Malaisie, n'a pas commenté la décision de son homologue américain mais, pour les analystes, son absence pourrait servir les intérêts régionaux de Pékin.

"Bien que sa décision soit tout à fait compréhensible, elle projette une image peu flatteuse de l'Amérique et d'un pays victime de dysfonctionnements politiques et au bord d'une autre crise économique", estime Ian Story, chercheur à l'Institut des études du Sud-Est asiatique de Singapour.

"Dans le même temps, une Chine sûre d'elle-même et riche en liquidités aura le champ entièrement libre (dans ces enceintes)".

La Malaisie et la Chine ont annoncé vendredi la signature d'un "partenariat stratégique global" qui vise à augmenter leur coopération militaire et à tripler leurs échanges commerciaux pour les porter à 160 milliards de dollars d'ici 2017.

A Tokyo, le porte-parole de Shinzo Abe a fait savoir que ce dernier se rendrait aux deux sommets régionaux malgré l'absence de Barack Obama . "Il s'agit d'un problème intérieur, propre aux Etats-Unis", a minimisé ce porte-parole, Yoshihide Suga.

Jeudi, les Etats-Unis et le Japon ont convenu de moderniser leur alliance en matière de défense à la lumière des inquiétudes grandissantes portant notamment sur le programme nucléaire de la Corée du Nord, le terrorisme à l'échelle mondiale et la sécurité informatique.

Jean-Stéphane Brosse et Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant