Banques : les actionnaires ont besoin d'une information lisible

le
0
DR
DR
(lerevenu.com) - Être actionnaire d'une banque relève d'un acte de foi. La compréhension des comptes
des établissements financiers, ceux des compagnies d'assurances aussi, n'a, en effet, jamais été
une promenade de santé. La lecture des communiqués de presse des comptes trimestriels de Crédit Agricole, Natixis et Société Générale donne un nouvel exemple d'une information défaillante
des actionnaires. Hormis les analystes financiers spécialisés, qui peut bien s'y retrouver dans ces présentations d'états comptables déjà brouillés par les abandons d'activités, cessions de filiales
à l'étranger, sans parler des nouvelles normes comptables et de solvabilité qui étaient pourtant supposées en améliorer la lecture ?

Certes, la complexité des métiers de la banque, en particulier ceux dits du financement
et de l'investissement, constitue déjà un obstacle
à la compréhension de leur traduction comptable. Mais quand les résultats sont présentés à la communauté financière avec une volonté évidente d'en atténuer les incidences comptables quand elles s'avèrent trop négatives, le comble
de l'opacité est atteint. Les normes IFRS ont souvent bon dos. Depuis longtemps déjà et bien avant
la mise en ?uvre de ces règles comptables qui cherchent à donner une image plus fidèle de la valeur réelle des sociétés cotées, tout un vocabulaire spécifique à la profession rend très éprouvante
la lecture des commentaires sur les comptes des établissements financiers.

Dans ce domaine aussi, l'usage des euphémismes a fait des ravages : produit net bancaire,
coût du risque, alors que les entreprises industrielles et commerciales continuent, elles, d'utiliser
des termes peut-être moins précis, mais connus de tous, tels le chiffre d'affaires ou les provisions, pour ne citer que ces éléments-là. Le mieux reste l'ennemi du bien. Dans son dernier communiqué
de presse, le Crédit Agricole explique, par exemple, que son résultat net (part du groupe) a atteint 1.287 millions d'euros au premier trimestre 2013, «hors réévaluation de la dette et impact de la mise en application de la norme IFRS 13 (CVA/DVA.)». On pourrait aussi bien pointer, dans le communiqué de la Société Générale, une phrase comme celle-ci : «Le Groupe publie ce trimestre son ratio
de capital Core Tier 1 selon les règles Bâle 3 (qui intègrent les exigences de la CRD 4)».

Sigles non développés, mots anglais non traduits, règles comptables non résumées : l'Autorité des marchés financiers (AMF) peut-elle mettre le holà à cette information incompréhensible
des actionnaires individuels ? Pas si sûr : souvent, la rédaction des communiqués du gendarme
de la Bourse emprunte davantage au langage juridique le plus indigeste qu'aux formulations concises et claires de la presse écrite. Quand la «communication» remplace l'information, la transparence n'est plus au rendez-vous.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant