Banques : la crainte d'un précédent

le
0
DR
DR
(lerevenu.com) - La décision de faire appel, non aux créanciers et actionnaires, mais aux déposants des banques chypriotes pour sauver l'île en faillite, créé un précédent. La solution, inédite, pourrait, estime CM-CIC Securities «encourager les déposants des autres pays en difficulté à faire de même, par mesure de précaution». Le courtier désigne la cible la plus évidente : «Les regards risquent de se tourner particulièrement vers l'Espagne où le système bancaire est encore loin d'être sorti d'affaire».

Les analystes d'UBS ne contredisent pas ce risque de précédent en Europe, mais ils en minorent la probabilité : «À court terme, il y a peu de raisons de craindre qu'une solution similaire à celle retenue pour Chypre, avec une mise à contribution des épargnants (?bail-in?), soit mis en place en Irlande, au Portugal, en Grèce et en Espagne.» La banque suisse note que «les banques irlandaises ont été recapitalisées, que le Portugal ne manque pas de financements et suit son programme d'austérité, que des capitaux ont été mis à la disposition des banques grecques et que l'Espagne a engagé des fonds européens pour recapitaliser ses banques».

Pourtant, CM-CIC Securities, instruit de l'exemple du sauvetage de la Grèce, estime que les Européens ont joué avec le feu, «en adoptant une solution inédite dont ils ne maîtrisent absolument pas les répercussions potentielles». Le courtier ne croit pas une seconde que Chypre sera l'exception : «Les Européens veulent considérer cette solution unique et réservée à Chypre, mais le discours était le même pour la Grèce avec les conséquences que nous connaissons».

Un autre courtier, Cheuvreux, ne partage pas cette inquiétude et pense qu'en cas d'autre plan de sauvetage de banques locales, les gouvernements de la zone euro exigeraient d'un pays en difficulté une déclaration de cessation de remboursement des dettes hybrides et subordonnées, voire «senior», des établissements financiers. Pour cette raison, les analystes du courtier n'abaissent pas, dans leur calcul de valorisation des banques européennes, le coût du capital. Mais ils recommandent l'achat des titres d'établissements bien capitalisés et à la rentabilité prévisible, tels BNP Paribas, Intesa, Crédit Suisse, Danske et DNB.

BNP Paribas : conserver
Crédit Agricole : acheter
Natixis : conserver
Société Générale : conserver
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant