Banques-La BRI plaide pour une approche stricte sur Bâle III

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    par Huw Jones 
    LONDRES, 28 novembre (Reuters) - Les régulateurs bancaires 
internationaux doivent mener à bien les travaux en cours sur les 
nouvelles règles en matière de fonds propres sans les édulcorer, 
sinon il sera plus difficile de tourner la page de la crise 
financière, a prévenu lundi un responsable de la Banque des 
règlements internationaux (BRI).  
    Claudio Borio, qui dirige le département économique et 
monétaire de l'institution financière internationale, a aussi 
rappelé que les bilans d'un certain nombre de banques n'avaient 
pas été complètement assainis près de dix ans après l'éclatement 
de la crise financière de 2008.  
    Celle-ci a conduit à la mise en oeuvre par les responsables 
internationaux réunis au sein du G20 de règles de capitalisation 
plus contraignantes pour les banques, connues sous le nom de 
règles de Bâle III, que les régulateurs doivent finaliser lundi 
et mardi au cours d'une réunion au Chili.  
    Les derniers éléments qui doivent parachever l'édifice de 
Bâle III suscitent une vive opposition des responsables de 
l'Union européenne, qui craignent qu'ils n'aboutissent à une 
augmentation des exigences de fonds propres pour les banques 
européennes et pénalisent la distribution de crédit. 
  
    "Pour ce qui les concerne, les autorités prudentielles 
devraient mener à bien les réformes financières sans délai, en 
particulier Bâle III", a dit Claudio Borio lundi à l'occasion 
d'une réunion de l'Autorité bancaire européenne (ABE), 
l'autorité de régulation prudentielle des banques de l'Union 
européenne.  
    "Et dans ce processus, elles ne devraient pas céder aux 
pressions pour édulcorer les règles et devraient redoubler 
d'effort pour assainir les bilans." 
    Des travaux de recherche de la BRI ont montré que la 
croissance des prêts bancaires était d'autant plus élevée que 
les banques étaient mieux capitalisées, a-t-il ajouté. 
    En dépit de cet appel, les propositions initiales soumises 
par le comité de Bâle risquent d'être assouplies après des tests 
d'évaluation montrant qu'elles se traduiraient par d'importantes 
hausses de fonds propres pour certaines banques.  
    Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, qui 
préside aussi le Conseil de stabilité financière, au sein duquel 
le comité de Bâle est représenté, et l'ABE s'attendent à ce que 
les dernières propositions de Bâle soit sensiblement assouplies, 
au moins pour certaines d'entre elles. 
    Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission en 
charge du secteur des services financiers, a menacé de boycotter 
les nouvelles règles au sein de l'UE si elles devaient entraîner 
une hausse significative des exigences de fonds propres.  
    Il s'est toutefois montré plus conciliant lundi en déclarant 
que l'UE abordait les discussions au Chili avec la volonté de 
parvenir à une "solution équilibrée".  
    Julie Dickson, une responsable de la supervision bancaire au 
sein de la Banque centrale européenne a souligné de son côté que 
le Comité de Bâle avait la réputation de parvenir à des accords 
et s'est dit confiante dans une issue favorable cette fois 
encore.  
    "Tout le monde reconnaît l'importance de règles 
internationales", a-t-elle dit. 
 
 (avec Marilyn Haigh à Bruxelles et Andreas Kroener à Francfort, 
Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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