Banques françaises, les enseignements du premier semestre

le
0

(lerevenu.com) - Au vu des comptes publiés par les établissements bancaires français, à mi-exercice, le cabinet Roland Berger titre quatre enseignements clés des efforts qu'elles conduisent pour adapter leur bilan et leur organisation à tous les défis que doivent relever la profession. Le premier enseignement porte sur la solvabilité : «Toutes les banques françaises sont bien avancées dans leur cure de renforcement de leur bilan.» Le cabinet mesure l'amélioration à l'importance de l'excédent de ressources à moyen terme qui a plus que doublé. En outre, le ratio comparant les crédits aux dépôts dénote une amélioration de 7 points, à 123%, un niveau proche de la moyenne européenne. Un motif de satisfaction : «Les banques françaises pourraient atteindre l'objectif de ratio de 9% de core capital tier 1 (Bâle 3) sans faire appel au marché [augmentation de capital].»

Mais le renforcement des bilans s'est opéré au détriment de l'activité et surtout de la rentabilité des banques françaises, au premier semestre : «Sur leurs activités-c?ur, c'est plus de 3 milliards d'euros de revenus en moins par rapport au premier semestre 2011. Comme les plans d'économies nécessitent un temps de latence avant de se traduire dans les comptes, la capacité bénéficiaire des activités-c?ur s'inscrit en net recul (près de 20%), et cela malgré un coût du risque qui reste bas», a précisé Fabrice Asvazadourian, du cabinet Roland Berger.

Les activités de banque de financement et d'investissement (BFI) ont été les plus affectées par la nouvelle stratégie, leurs revenus ayant chuté en moyenne de 16%. Mais, autre grand enseignement, selon Roland Berger, l'activité de banque de détail a, elle aussi, souffert au premier semestre : «Même si cela était attendu, il s'agit d'une première historique avec un PNB en recul de 1,5% par rapport au premier semestre 2011.»

Les consultants en ont trouvé la cause dans la collecte des dépôts (+7%) qui a eu comme contrepartie une diminution des commissions sur l'épargne financière : davantage de comptes sur livrets à rémunérer, par exemple, mais beaucoup moins de frais de gestion à prélever sur les encours de Sicav. Une exception, toutefois : les réseaux qui ont réussi «à ne pas voir diminuer leur contribution économique sont ceux qui ont été les plus mesurés sur la collecte de dépôts et qui ont le mieux maîtrisé l'évolution de leur coûts (charges et risque)».

En conclusion de sa note, le cabinet de conseil énumère deux points à surveiller étroitement dans les mois qui viennent et d'abord le coût du risques (provisions pour incidents de paiement, etc.) : «Au vu de la tension actuelle sur les délais de paiement et des prévisions économiques pour les douze à dix-huit prochains mois, il va falloir que les banques françaises surveillent l'évolution de leur coût du risque», souligne Cécile André, Partner chez Roland Berger.

Par conséquent, dernier point critique à surveiller pour les banques françaises, leurs réductions de coûts, déjà bien engagées, notamment dans la BFI et la gestion d'actifs, mais qui risquent de ne pas suffire : «Là où des plans de réduction de coûts ont été mis en ?uvre, ils ne sont souvent pas en ligne avec les baisses de revenu constatées dans ces métiers et, par ailleurs, rares sont les métiers qui peuvent continuer à s'exonérer de conduire une telle démarche de réduction des coûts.»

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant