Banques et Etats négocient pied à pied la décote grecque

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par Daniel Flynn et Annika Breidthardt

ATHENES/BERLIN (Reuters) - Les responsables bancaires et politiques européens sont engagés mercredi dans un bras de fer concernant l'ampleur des décotes devant être imposées sur la dette grecque, sans donner signe de progrès à quelques heures du sommet européen de Bruxelles.

Le plan à l'étude pourrait prévoir une décote de 100 milliards d'euros sur l'ensemble des banques, qui reviendrait à réduire de moitié leurs avoirs en dette grecque. Une petite aide en numéraire serait ajoutée afin d'atténuer le choc.

Le ministre des Finances Evangelos Venizelos a indiqué que les banques et les assureurs recevraient 15% de leurs avoirs en numéraire et 35% en titres à 30 ans assortis d'un coupon de 6%, rapporte le journal grec Kathimerini.

Certains banquiers s'opposent à cette solution, or leur accord est nécessaire pour éviter qu'une situation de défaut de paiement ne soit déclarée. "C'est trop radical selon moi. Les investisseurs préfèreront tenter leur chance avec l'émission des CDS", a ainsi commenté une source bancaire, faisant référence à la conséquence d'un éventuel défaut grec.

La principale différence de cette proposition avec celle de juillet, c'est que les obligations remises aux créanciers de la Grèce ne seraient pas assorties d'une garantie du Fonds européen de stabilité financière, ont indiqué d'autres sources du secteur. L'apport en numéraire serait censé apporter une nouvelle incitation et compenser.

Les banques, représentées par l'Institut de la Finance internationale (IFI), avaient proposé une décote limitée à 40%, assortie de fortes garanties sous la formes de collatéraux, selon une source politique impliquée dans les négociations, qui a ajouté que la proposition n'a pas été retenue.

"Les détails de la proposition finale et les alternatives qu'elle comprendra seront finalisés dans les prochains jours", a indiqué une source bancaire de haut rang.

L'espoir s'amenuise peu à peu que les dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles parviennent à proposer un plan de résolution de la crise.

Gregory Schwartz pour le service français

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