Banque : le coup de gueule du président de BNP Paribas

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(lerevenu.com) - La première table ronde des Entretiens 2012 de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour la première fois associée à la Banque de France, avait pour thème le «shadow banking», ou finance parallèle. Les experts invités ont expliqué les enjeux de ces transactions qui «se font en dehors du cadre de régulation et représentent, selon des chiffres repris par Gérard Rameix, président de l'AMF, de 25 à 30% des actifs bancaires».

Les risques, notamment systémiques, que ces transactions induisent sont l'objet de toutes les attentions, en particulier celle des régulateurs et des parlementaires. Certains d'entre eux étaient représentés à ces entretiens : Saïd El Khadraoui, député européen, rapporteur sur le shadow banking au sein de la Commission des Affaires économiques et monétaires (ECON), Parlement européen et David Wright, secrétaire général,Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV).

Saïd El Khadraoui a ainsi plaidé pour une vigilance accrue de «l'interconnectivité entre banques classiques et établissements financiers dits parallèles [hedge funds, courtiers, etc.], une meilleure réglementation de la titrisation, une transparence des opérations de repo et une surveillance des prêts de titres opérés dans les fonds indiciels cotés [ETF]». De son côté, Daxid Wright a regretté, lui, que «l'on ne dispose pas de données centralisées fiables sur la finance parallèle, nous avons beaucoup à faire pour la comprendre, d'autant que son périmètre change tout le temps».

Le président du directoire de BNP Paribas a préféré déplacer le débat sur le terrain des excès de la réglementation, car ils portent atteinte, selon lui, à la capacité des banques à financer l'économie : «Nous banquiers, nous ne demandons pas que la régulation cesse, mais qu'elle soit coordonnée dans le temps et l'espace.» Dans une indignation à demi feinte, le président de BNP Paribas a, en effet, dénoncé la décision prise, le 9 novembre dernier, par la Réserve fédérale qui a reporté sine die l'application de la nouvelle norme de solvabilité (Bâle 3) pour les banques américaines, alors que la plupart des grandes banques européennes la respecteront, elles, dès le 1er janvier prochain. BNP Paribas a déjà ainsi atteint l'objectif d'un ratio de fonds propres durs de 9%.


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