Bankia demandera 15 milliards d'euros de plus à l'Etat espagnol

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Bankia demandera 15 milliards d'euros de plus à l'Etat espagnol
Bankia demandera 15 milliards d'euros de plus à l'Etat espagnol

par Carlos Ruano et Sonya Dowsett

MADRID (Reuters) - Bankia, la quatrième banque d'Espagne, devrait demander vendredi à l'Etat 15 milliards d'euros de capitaux frais supplémentaires, allongeant une nouvelle fois la facture d'un renflouement qui peine à rassurer les investisseurs.

Le dossier Bankia est considéré comme un élément clé de la restructuration en cours du système bancaire espagnol, dont les difficultés risquent, aux yeux de certains observateurs, de contraindre la quatrième économie de la zone euro à demander une aide internationale.

Madrid a décidé de prendre le contrôle de Bankia, qui détient environ 10% des dépôts bancaires du pays, car la banque était incapable de faire face seule aux retombées de l'éclatement de la bulle immobilière en 2008. Mais le gouvernement assure qu'il s'agit d'un cas exceptionnel.

Un analyste basé à Londres estime cependant que la gestion du dossier par les autorités espagnoles a sapé la confiance des marchés. "Quoi qu'elles disent, les gens vont penser que cela ne suffira pas. Le processus dure depuis déjà trop longtemps."

Au début de la semaine, le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, avait déclaré que l'Etat devrait injecter au moins neuf milliards d'euros dans Bankia pour couvrir les pertes liées à ses créances douteuses et aux saisies de biens immobiliers.

Le gouvernement a déjà apporté 4,5 milliards d'euros dans la banque mais le coût global du dossier est désormais estimé à 20 milliards.

La nouvelle direction de la banque devrait approuver un plan de recapitalisation lors d'un conseil d'administration ce vendredi après-midi.

EN ATTENDANT L'AUDIT

Pour pouvoir renflouer Bankia, l'Etat devrait se tourner vers les marchés alors que ses coûts de financement sont déjà très élevés.

La prime de risque de l'Espagne, mesurée par l'écart de rendement entre les emprunts à 10 ans allemand et espagnol, a culminé à 500 points de base ces dernières semaines. Vendredi, elle dépassait 495 points.

Après les quatre plans d'aide successifs au secteur bancaire présentés ces derniers mois, Madrid envisage désormais de créer un grand groupe bancaire public qui reprendrait les actifs des banques en difficultés, y compris Bankia, s'il ne parvient pas à leur trouver des repreneurs privés.

Le gouvernement a chargé la semaine dernière des experts indépendants de procéder à un audit exhaustif du système financier espagnol. Les résultats de cet audit seront étudiés de près par la Banque centrale européenne (BCE) et par le Fonds monétaire international (FMI), qui jugeront de sa crédibilité.

La banque Banesto estime que l'agence de notation Standard & Poor's pourrait abaisser dès ce vendredi les notes de plusieurs banques espagnoles.

En Bourse, Bankia a perdu 34% de sa valeur depuis 7 mai, date de la démission son président Rodrigo Rato, ancien directeur général du FMI, qui avait ouvert la voie à l'intervention de l'Etat.

La cotation de la banque a été suspendue vendredi "en raison de circonstances susceptibles d'affecter une cotation normale", a déclaré vendredi le régulateur de marché CNMV.

Tracy Rucinski, Benoit Van Overstraeten et Marc Angrand pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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