Bangui demande l'aide de la France face aux rebelles

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JETS DE PIERRES CONTRE L'AMBASSADE DE FRANCE EN CENTRAFRIQUE
JETS DE PIERRES CONTRE L'AMBASSADE DE FRANCE EN CENTRAFRIQUE

BANGUI (Reuters) - Un ministre du gouvernement centrafricain a demandé mercredi l'intervention des soldats français stationnés dans le pays pour contrer la progression des rebelles venus du Nord qui menacent désormais Bangui, la capitale.

Parallèlement, des centaines de manifestants progouvernementaux ont jeté des pierres contre l'ambassade de France et déchiré le drapeau français, dénonçant la passivité de Paris.

Les rebelles regroupés au sein d'une alliance baptisée Séléka ont conquis plusieurs villes ces dernières semaines en progressant vers le sud, où se trouve Bangui.

Ils ont pris mardi la ville de Kaga Bandoro, dans le centre du pays à 330 km au nord de la capitale, malgré la présence de soldats tchadiens censés soutenir les forces armées gouvernementales (FACA).

Environ 150 soldats tchadiens sont positionnés à Sibut, dernière ville entre les positions rebelles et Bangui.

Un responsable des Nations unies a déclaré que le personnel non essentiel de l'Onu allait être évacué en raison de la détérioration de la sécurité.

Le vol hebdomadaire d'Air France qui avait décollé mercredi de Paris pour Bangui a rebroussé chemin, a-t-on appris auprès de la compagnie. Le prochain vol d'Air France pour Bangui est prévu le 2 janvier.

Sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), le ministre centrafricain de l'Administration du territoire, Josué Binoua, a appelé la France à intervenir.

"Nous attendons de la République française un secours, nous demandons à la communauté internationale (...) et au président François Hollande de voler au secours du peuple centrafricain", a-t-il déclaré en réponse à une question sur le point de savoir ce que Bangui attendait des quelque 200 militaires français stationnés à l'aéroport de Bangui.

Le Quai d'Orsay estime à 1.200 le nombre de Français vivant en République centrafricaine, pour la plupart dans la capitale.

INCIDENT "REGRETTABLE"

Les soldats français conseillent l'armée en Centrafrique où Paris est intervenue par le passé pour faire ou défaire des gouvernements. Mais la France affiche aujourd'hui sa volonté d'éviter toute ingérence dans les affaires intérieures de ses anciennes colonies.

Interrogé sur la situation à Bangui, Vincent Floreani, porte-parole adjoint du Quai d'Orsay, a appelé au dialogue.

"Cette crise doit se régler par un dialogue politique. Nous soutenons que les pays de la région organisent un dialogue politique et nous soutenons ce processus", a-t-il déclaré.

A propos des manifestants qui s'en sont pris à l'ambassade, Vincent Floreani a déclaré que quelques-uns avaient "pénétré dans le jardin" en "sautant une barrière" et qu'ils avaient été "repoussés".

"Nous avons assisté à des scènes déplorables et inadmissibles sans la réaction des forces de l'ordre. C'est regrettable", a déclaré de son côté l'ambassadeur de France à Bangui Serge Mucceti.

Selon un journaliste de Reuters sur place, des manifestants accusaient la France de soutenir la rébellion, tandis que d'autres demandaient à Paris d'envoyer des troupes pour appuyer l'armée fidèle au président François Bozizé.

Un petit groupe de manifestants, principalement des jeunes gens proches du parti gouvernemental, s'est également rassemblé devant l'ambassade des Etats-Unis et a jeté des pierres sur des véhicules.

Séléka, la principale alliance rebelle, regroupe des combattants qui affirment que François Bozizé, élu président à deux reprises depuis un coup d'Etat réalisé en 2003, n'a pas respecté les termes d'un accord de paix datant de 2007.

Paul-Marin Ngoupana, avec David Lewis à Dakar et Leigh Thomas et Gérard Bon à Paris; Julien Dury et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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