Bangkok sacrifie ses faubourgs pour se sauver des eaux 

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REPORTAGE - Impuissant à stopper les inondations, le gouvernement ordonne l'ouverture de 200 écluses.

À Bangkok

Chiraporn Amphon bataille avec un balai pour faire avancer son embarcation de fortune. Les deux grosses bassines qu'elle a ligotées sont terriblement instables, confie-t-elle, mais c'est le seul moyen pour rejoindre sa maison où elle campe au premier étage, à quelques centimètres de la surface de l'eau. Ouvrière dans l'usine voisine, elle raconte ses nuits blanches à guetter la montée des eaux, l'écoute attentive de chaque bruit pour confondre la peur.

Sa voisine, Sopha Kinkhajon, une employée municipale assignée depuis une semaine à la vérification du canal de Rangsit, ne vient plus travailler qu'avec une bouée autour de la taille. Elle est fatiguée de déambuler dans ce sinistre décor de bouillasse fétide et de murailles coupe-flots qui cèdent, de n'entendre que des histoires d'électrocutions, de morsures de serpents et de crocodiles en vadrouille. À bout de nerfs, elle sanglote en implorant la grâce de la déesse des eaux.

Dans les faubourgs nord de

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