Ban met en garde contre une action purement militaire en Syrie

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NATIONS UNIES, 21 octobre (Reuters) - Une réponse uniquement militaire à la menace représentée en Syrie par les djihadistes de l'Etat islamique (EI) risque d'alimenter les violences en conduisant à la radicalisation d'autres groupes sunnites, a mis en garde mardi Ban Ki-moon. "Notre objectif stratégique de long terme en Syrie demeure une solution politique", a déclaré le secrétaire général des Nations unies lors d'une séance du Conseil de sécurité consacrée au Proche-Orient. "Une réponse purement militaire à la nouvelle menace brutale représentée par (l'EI) pourrait au bout du compte contribuer à la radicalisation d'autres groupes armés sunnites et déclencher un cycle de nouvelles violences", a-t-il ajouté. Profitant du chaos provoqué par les combats entre rebelles et forces du régime de Bachar al Assad, l'Etat islamique s'est emparé de vastes territoires en Syrie, mais aussi en Irak voisin. Les Etats-Unis et leurs alliés bombardent les positions de l'EI en Syrie depuis septembre et en Irak depuis août. L'attention de la communauté internationale s'est particulièrement portée sur Kobani, cible depuis le 16 septembre d'une offensive de l'EI à laquelle tentent de résister des combattants kurdes assiégés dans cette ville du nord de la Syrie. "Kobani est juste l'un des nombreux endroits à travers la Syrie où des civils sont confrontés à une menace imminente", a dit Ban. "Outre la barbarie de (l'Etat islamique), le gouvernement syrien continue d'attaquer de manière brutale et aveugle des zones habitées, y compris à l'aide de barils d'explosifs", a poursuivi le secrétaire général de l'Onu. Il a appelé les 15 membres du Conseil de sécurité, divisés depuis le début du soulèvement contre Bachar al Assad en 2011, à soutenir les efforts de son émissaire spécial Staffan de Mistura pour "atténuer les souffrances du peuple syrien et contribuer à une solution politique". Environ 3,2 millions de Syriens ont fui les violences dans leur pays, qui ont fait près de 200.000 morts depuis 2011, selon l'Onu. (Michelle Nichols; Bertrand Boucey pour le service français)

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