Ban Ki-moon rencontre Abbas à Ramallah, appelle à l'apaisement

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(Nouvelle attaque, entretien Netanyahu-Merkel, tournée de Kerry) par Ali Sawafta RAMALLAH, Cisjordanie, 21 octobre (Reuters) - Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est entretenu mercredi avec le président palestinien Mahmoud Abbas, mais après deux jours de discussions dans la région il ne paraît pas en mesure de trouver une solution aux violences en cours depuis des semaines. Lors d'une conférence de presse aux côtés de Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie, il a stigmatisé un "discours de haine" de part et d'autre et estimé que la riposte israélienne aux attaques commises à l'arme blanche par des Palestiniens "ajoutait aux défis déjà difficiles qui se posent pour ramener le calme". Neuf Israéliens ont péri lors d'attaques de Palestiniens depuis le début du mois et 48 Palestiniens, parmi lesquels 24 assaillants, ont été tués en riposte par les forces de sécurité israéliennes. La colère des Palestiniens face à ce qu'ils considèrent comme un empiètement d'Israël sur le complexe de la mosquée Al Aksa, dans la vieille ville de Jérusalem, est l'une des causes des violences en cours. La mosquée Al Aksa est le troisième lieu saint de l'islam après ceux de La Mecque et de Médine. Or, cette mosquée s'élève sur le lieu où, d'après la tradition, se trouvaient deux temples juifs de l'Antiquité, dont celui de Salomon. Après avoir rencontré mardi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et de nouveau après avoir été reçu par Mahmoud Abbas mercredi, Ban Ki-moon a souligné la nécessité de renforcer le statu quo à la mosquée Al Aksa où, depuis des siècles, il est interdit à des non musulmans de venir prier. Israël a affirmé qu'il n'avait pas changé les règles en la matière et ne comptait pas le faire. BALLET DIPLOMATIQUE "Je salue les garanties répétées d'Israël sur le fait qu'il n'a pas l'intention de modifier le statu quo historique de ce lieu saint", a déclaré le secrétaire général de l'Onu. "Lors des rencontres que j'ai eues hier avec les responsables israéliens, j'ai souligné que les perceptions ne pourront changer que par des actes sur le terrain", a-t-il dit. Mercredi, les forces israéliennes ont tué par balles un Palestinien qui avait blessé à l'arme blanche un soldat près de la colonie de peuplement d'Adam, en Cisjordanie occupée, a rapporté la police. Lors d'un incident distinct en Cisjordanie, des militaires israéliens ont blessé par balles une Palestinienne armée d'un couteau qui s'approchait de l'implantation juive de Yitzhar, a fait savoir l'armée. Des médecins palestiniens ont indiqué qu'il s'agissait d'une adolescente de 15 ans, dont la famille conteste le compte rendu des faits établi par l'armée israélienne. L'armée a aussi annoncé qu'un automobiliste palestinien avait lancé sa voiture sur un groupe d'Israéliens en Cisjordanie, blessant quatre personnes. Des soldats ont ouvert le feu et l'agresseur a été blessé par balles. Benjamin Netanyahu était quant à lui en Allemagne, où il a eu un entretien avec la chancelière Angela Merkel qui lui a redit que la poursuite de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est n'allait pas dans le bon sens. ENTRETIEN MERKEL-NETANYAHU "Pour ce qui est de la solution à deux Etats, j'ai souvent eu l'occasion de dire que nous considérons les implantations (juives dans les territoires occupés) comme étant contre-productives", a dit la chancelière à l'issue de la rencontre. "Je l'ai dit et redit. Nous devons tout faire pour calmer la situation et, dans cet esprit, je pense que toutes les parties doivent y contribuer." Jeudi, Benjamin Netanyahu rencontrera à Berlin le secrétaire d'Etat américain John Kerry et verra aussi la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. John Kerry s'entretiendra également dans la capitale allemande avec des responsables du gouvernement allemand et de l'Union européenne. Il se rendra vendredi à Vienne pour des discussions sur la Syrie avec ses homologues russe, turc et saoudien, a précisé le département d'Etat. John Kerry ira ensuite en Jordanie et en Arabie saoudite pour de nouvelles discussions. Il rencontrera le roi Abdallah de Jordanie, qui est le gardien des sanctuaires musulmans de Jérusalem. Mahmoud Abbas se rendra lui aussi en Jordanie où il verra John Kerry et le souverain hachémite. De la même façon que la question de la mosquée Al Aksa, le président palestinien estime que l'occupation israélienne de la Cisjordanie et la construction de nouveaux logements de colons sont responsables du regain de violences palestiniennes, en particulier chez les jeunes qui vivent dans Jérusalem-Est. A Paris, l'Unesco a adopté une résolution réaffirmant que le tombeau des Patriarches à Hébron et la Tombe de Rachel à Bethléem font partie intégrante de la Palestine. Mais un paragraphe controversé qui aurait modifié le statut du mur des Lamentations en affirmant que la place Bourak faisait partie intégrante de la mosquée Al Aksa, lieu saint de l'islam, a été retiré du texte. ID:nL8N12L3ZL (Avec Nidal al Moughrabià Gaza, Marine Pennetier à Paris; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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