Ban Ki-moon insiste sur l'urgence de la conférence sur la Syrie

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POUR BAN KI-MOON, LA CONFÉRENCE SUR LA SYRIE DOIT SE TENIR DANS LES MEILLEURS DÉLAIS
POUR BAN KI-MOON, LA CONFÉRENCE SUR LA SYRIE DOIT SE TENIR DANS LES MEILLEURS DÉLAIS

par Darya Korsunskaya

SOTCHI, Russie (Reuters) - Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a souhaité vendredi que la conférence internationale sur le conflit syrien proposée la semaine dernière par la Russie et les Etats-Unis ait lieu aussi vite que possible.

"Il ne faut pas perdre la dynamique" créée par la perspective de cette rencontre, à laquelle doivent être conviés des représentants du régime de Bachar al Assad et de l'opposition, a-t-il souligné à l'issue d'un entretien avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

"Le plus tôt sera le mieux", a estimé ce dernier, répétant que l'Iran devait être représenté, ce qui pourrait ne pas être du goût des Etats-Unis.

Si l'idée aboutit, la conférence devrait se tenir en juin à Genève, mais nombre d'obstacles doivent encore être surmontés, notamment en ce qui concerne la participation de l'Iran.

"Chez certains de nos collègues occidentaux, il y a un désir de réduire le cercle des participants externes et de lancer le processus à partir d'un très petit groupe de pays dans un cadre qui, essentiellement, fixerait à l'avance les équipes de négociateurs, l'ordre du jour et même peut-être l'issue des discussions", a dit jeudi Sergueï Lavrov dans une interview diffusée sur le site internet de son ministère.

A Washington, on assure ne vouloir exclure personne. "Nous ne disons ni oui ni non", a assuré Jen Psaki, porte-parole du département d'Etat.

"Nous sommes au courant des remarques russes. Une fois de plus, ce n'est pas une surprise, ils l'ont déjà souligné publiquement par le passé et nous allons faire le nécessaire pour que toutes les parties participent.

"La question de la participation de l'Iran en fait certainement partie, mais il y a un certain nombre d'autres facteurs et, en fin de compte, l'objectif est de créer un climat à même de favoriser une transition politique", a-t-elle ajouté.

"L'IRAN, NON"

A Paris, on affirme néanmoins que la présence d'une délégation iranienne est exclue. "L'Iran, non, car l'Iran est toujours dans la question du nucléaire", dit-on de source gouvernementale.

Lors de sa conférence de presse jeudi, François Hollande s'est par ailleurs étonné que les Russes, "s'ils parlent d'une conférence, continuent de livrer des armes" à Damas.

"Il y a urgence à régler la question sur le plan politique mais tout en maintenant la pression sur le plan militaire", a estimé le chef de l'Etat français.

Du côté de l'opposition, la Coalition nationale syrienne (CNS), elle-même en proie à de profondes divergences, doit se réunir jeudi prochain à Istanbul pour décider de sa participation à la conférence. Elle faisait jusqu'ici du départ de Bachar al Assad un préalable à l'ouverture du dialogue avec les autorités syriennes, mais les Etats-Unis semblent désormais décidés à laisser son sort aux soins des négociateurs.

La CNS, dominé par les mouvements islamistes, est en crise depuis la démission de son président Moaz al Khatib en mars. Les rivalités entre le Qatar et l'Arabie saoudite, ses principaux mécènes, empêchent l'émergence d'un chef de file crédible à même de négocier au nom de toute l'opposition, dit-on de source française.

Du côté de la Syrie, le ministre de l'Information, Omran Zoabi, a réclamé mardi des détails sur la conférence et exclut toute participation de Damas à une initiative "qui nuirait directement ou indirectement à sa souveraineté". Le rôle du président ne relève que "du peuple syrien et des urnes", a-t-il souligné.

En juin dernier, sous l'impulsion de l'ex-médiateur international Kofi Annan, les puissances du "Groupe d'action sur la Syrie" ont adopté une "Déclaration de Genève" qui prévoyait notamment la formation d'un gouvernement de transition à Damas "sur la base d'un consentement mutuel".

L'accord est resté lettre morte, en partie parce qu'il laissait de côté le sort de Bachar al Assad.

Les préparatifs de "Genève II" doivent se poursuivre la semaine prochaine à Amman, en Jordanie, où se retrouveront les Etats membres du groupe des Amis du peuple syrien, qui réunit les Etats-Unis, la Turquie, des pays arabes et européens mais pas la Russie.

Avec Thomas Grove à Moscou et John Irish à Paris, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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