Ban Ki-moon dénonce en Israël un conflit qui a trop duré

le
0

par Ori Lewis JERUSALEM, 20 octobre (Reuters) - Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a dénoncé mardi à son arrivée en Israël un "conflit qui dure depuis trop longtemps" entre Palestiniens et Israéliens qu'il a appelés à s'éloigner de "l'abîme dangereux" vers lequel les entraînent les actuelles violences. S'exprimant juste après son arrivée, le secrétaire général a estimé que les heurts meurtriers qui se déroulent depuis plus de deux semaines, principalement à Jérusalem et en Cisjordanie occupée, empêchent de parvenir à une solution à deux Etats voulue par les Palestiniens et à une sécurité renforcée réclamée par Israël. "Ce conflit dure depuis trop longtemps", a déclaré Ban Ki-moon. "Nous devons, pour l'avenir de nos enfants, nous éloigner de cet abîme dangereux, préserver la solution à deux Etats et ramener les peuples sur la voie conduisant à la paix", a-t-il ajouté. Ban, dont le voyage a été annoncé seulement quelques heures avant son arrivée, doit rencontrer dans la journée le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem. Il aura une entrevue avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas mercredi à Ramallah, ont précisé des responsables palestiniens. De son côté, le secrétaire d'Etat américain devrait avoir des entretiens avec Netanyahu, soit au Proche-Orient, soit en Allemagne où le chef du gouvernement israélien sera en visite mercredi et jeudi. Pour le chef de la diplomatie américaine qui doit rencontrer Mahmoud Abbas et le roi de Jordanie cette semaine, le gouvernement israélien doit clarifier sa position concernant la situation sur l'Esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l'islam situé à Jérusalem-Est. FRUSTRATIONS PALESTINIENNES Les violences, qui se déroulent actuellement en Israël avec une série d'agressions ou tentatives d'agressions à l'arme blanche à Jérusalem et en Cisjordanie, sont motivées par l'exaspération des Palestiniens. Ces derniers accusent les juifs de ne pas respecter ce lieu saint sur lequel la pratique prévoit qu'ils n'ont pas le droit de prier. L'endroit est également revendiqué par les juifs comme un lieu saint qu'ils appellent Mont du Temple, lieu où furent érigés deux temples antiques aujourd'hui détruits. "Israël n'a pas modifié et ne modifiera pas le statu quo. (Affirmer le contraire) est un énorme mensonge", a déclaré Benjamin Netanyahu dans un discours lors d'une réunion internationale de dirigeants juifs à Jérusalem, mardi. Suivant un compromis, l'Esplanade des mosquées est administrée par une autorité religieuse musulmane. Les juifs sont autorisés à visiter le lieu mais pas à y prier. Selon Mahmoud Abbas, les Palestiniens expriment également leur colère face à la suspension des négociations de paix interrompues en avril 2014, un échec qui réduit leurs espoirs de parvenir à obtenir un Etat. "Notre jeunesse est sous pression et désespérée par l'échec du gouvernement israélien et par l'absence d'avenir politique qui offrirait l'espoir d'une paix juste et équitable permettant à notre peuple d'être indépendant à côté d'Israël", a déclaré Mahmoud Abbas à Ramallah. (Pierre Sérisier pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant