Baisser les aides au logement est incohérent selon les professionnels

le , mis à jour à 12:42
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Les propositions chocs issues d’un rapport public sur la politique du logement font peur aux professionnels qui craignent un blocage alors que la construction est à un point bas historique.

Il a passé une mauvaise matinée. François Payelle, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), a été surpris à la lecture des pistes évoquées dans les Echos pour rendre les aides publiques au logement moins coûteuses. Il n’a notamment pas bien digéré les suggestions concernant la minoration des déductions fiscales pour le dispositif Pinel d’aide à l’investissement locatif. «Au moment où le gouvernement met en place après un vote très longuement discuté un dispositif Pinel équilibré où l’Etat et les investisseurs font leur part d’effort, voilà que l’on remet tout cela en cause», se plaint-il.

La mesure serait d’autant plus incohérente, selon lui, que les investisseurs privés financent depuis 15 ans 30 % des logements neufs. Et à trop réduire les incitations, on risque de les décourager. «Il faudrait vraiment sortir du périphérique et voir ce qui se passe vraiment en France, tempête-t-il. Comment peut-on suggérer d’augmenter les plafonds de loyer pour compenser la baisse de la réduction d’impôts qui passerait de 18 à 13 %? Ce n’est pas sérieux, à un moment où le pouvoir d’achat des Français est en baisse.»

De son côté, l’économiste Michel Mouillart, spécialiste du logement, voit dans ces pistes un très mauvais signal pouvant déboucher sur un blocage du marché. «On veut désormais nous faire croire qu’il suffirait de construire 380.000 logements par an pour résoudre les difficultés de logement. Mais pour cela on s’appuie sur des projections démographiques qui ne se sont jamais réalisées.» Selon lui, la fuite de ce rapport dans la presse juste après les vœux de la ministre du Logement Sylvia Pinel qui affiche ses ambitions et juste avant l’appel de la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés, n’est pas anodine. «Ce rapport est prêt depuis plusieurs semaines, explique-t-il. S’il sort maintenant c’est pour torpiller un vrai projet de relance.»

François Payelle relève une autre incohérence: «Pourquoi chiffrer à 46 milliards d’euros le coûts de la politique du logement alors qu’il y a quelques mois, en s’appuyant sur les comptes de la nation, ce montant était de 42 milliards d’euros?» Et surtout, il rappelle que si le logement a un coût, il apporte aussi de très importantes recettes fiscales à l’Etat, évaluées à 60 milliards d’euros par an avec l’aide du cabinet Fidal.

«Les coûts de construction ont grimpé de 50 % en 10 ans, selon des études menées par la Fédération française du bâtiment et l’Union sociale de l’habitat, rappelle-t-il. Et là-dessus, les seules normes et réglementations pèsent pour 35 %. Il faudrait alors arrêter de doper les coûts pour permettre de faire baisser les aides.»

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  • M107412 le vendredi 30 jan 2015 à 16:21

    Plus de niches fiscales immobilières et c'est moins d’impôts pour tout le monde . Terminé l assistanat des ténardiers de l immobilier

  • bali16 le vendredi 30 jan 2015 à 14:00

    Les migrants continuent d'arriver et vous remercient ....

  • xlfrench le vendredi 30 jan 2015 à 13:26

    Ce qui est bien , c'est qu'auparavant on avait un changement fiscal pour l'immo tous les 6 mois, maintenant cela passe à tous les mois.. Bientot tous les 15 jours ?

  • supersum le vendredi 30 jan 2015 à 13:20

    Plus D'APL et hope 47 milliard d'économie, yen a marre de payer toujours pour les mêmes