Baisse moins forte que prévu du bénéfice de Citigroup

le , mis à jour à 15:16
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BÉNÉFICE EN REPLI POUR CITIGROUP AU 1ER TRIMESTRE
BÉNÉFICE EN REPLI POUR CITIGROUP AU 1ER TRIMESTRE

(Reuters) - Citigroup a fait état vendredi d'une baisse de 27% de son bénéfice du premier trimestre, le recul le plus marqué des banques américaines qui ont déjà publié leurs résultats, sous le coup notamment de provisions passées pour couvrir des pertes sur des prêts consentis au secteur énergétique.

Egalement plombée par la hausse des coûts induite par la réduction de la voilure dans certains segments d'activité, la quatrième banque américaine par l'actif a dégagé sur les trois premiers mois de l'année un bénéfice net de 3,5 milliards de dollars (3,1 milliards d'euros), soit 1,10 dollar par action, contre 4,8 milliards (1,51 dollar par action) il y a un an.

Toutefois ce bénéfice, tout comme le produit net bancaire (PNB), est supérieur aux attentes de Wall Street, qui n'étaient de toute façon pas très élevées, et ce grâce au tassement de 3,3% des charges d'exploitation, revenues à 10,5 milliards de dollars.

Le produit net bancaire a représenté 17,56 milliards de dollars, en baisse de 11%, mais supérieur au consensus le donnant à 17,48 milliards. Pour le résultat par action, le consensus Thomson Reuters I/B/E/S était de 1,03 dollar.

Ce qui explique que l'action gagnait plus de 2% dans les transactions d'avant-Bourse.

D'une manière générale, les banques ont connu un début d'année difficile, marqué par des taux d'intérêt ultra-bas, le ralentissement économique de la Chine et la forte baisse des prix pétroliers.

Comme ses concurrentes, Citigroup a surtout joué sur une politique de réduction des coûts pour soutenir ses résultats ces derniers trimestres en raison de la maigre croissance voire de la contraction de ses revenus.

Ainsi, le revenu tiré du trading obligataire a baissé de 11,5% à 3,09 milliards de dollars et celui de la banque d'investissement a chuté de 27,2% à 875 millions de dollars.

CITIGROUP SE DISTINGUE AUX YEUX DES RÉGULATEURS

La banque, qui a plus d'actifs dans les marchés émergents que d'autres banques américaines, s'est retirée des marchés les moins rentables et a supprimé des emplois, enregistrant 491 millions de dollars de charges dites de "repositionnement".

Deux jours auparavant, les régulateurs américains estimaient que la banque était la seule, sur huit examinées, à disposer d'un plan de démantèlement crédible et qui ne nécessiterait pas d'intervention de l'Etat.

Cette conclusion amène les investisseurs à penser que Citigroup sera autorisée en juin par la Réserve fédérale à restituer plus d'argent aux actionnaires, au terme de nouveaux tests de résistance.

Mercredi, JPMorgan Chase, numéro un de la banque aux Etats-Unis, a fait état d'une baisse de 6,7% de son bénéfice net du premier trimestre, à 5,52 milliards de dollars, un repli également moins marqué que prévu.

Jeudi, Bank of America, qui occupe le deuxième rang du secteur, a annoncé une baisse, conforme aux attentes, de 18% de son bénéfice trimestriel, conséquence de la chute des revenus du trading sur les marchés d'actions et d'obligations.

Wells Fargo, qui complète le trio de tête en termes d'actifs, a le même jour dit avoir subi un recul de 7% de son bénéfice trimestriel, également sous le coup de provisions liées au secteur de l'énergie.

Au vu, globalement, des résultats trimestriels moins mauvais que prévu des banques, l'indice S&P regroupant les valeurs financières, qui accuse la plus mauvaise performance sectorielle depuis le début de l'année, est sur une série de cinq séances de hausse de suite, une première depuis juillet.

(Sweta Singh à Bangalore, Benoit Van Overstraeten et Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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